La Via Campesina exprime sa solidarité avec les paysannes et les paysans ukrainiens

La Via Campesina exprime la profonde solidarité de notre mouvement paysan mondial avec les paysannes et les paysans ukrainiens qui subissent les atrocités de la guerre.

Nous appelons à un arrêt immédiat de l’invasion militaire et de la guerre et à une solution diplomatique qui prenne en compte les intérêts des populations. Nous appelons au respects des droits paysans tels que reconnus dans la Déclaration des nations unies pour les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales, notamment le droit à la vie, à la liberté et à la sécurité des personnes (article 6). Le peuple ukrainien a le droit à l’autodétermination, sans subir les agressions motivées par des intérêts économiques et géopolitiques.

Nous exprimons notre profonde solidarité et soulignons le rôle essentiel joué par les quatre millions de paysan·nes et les petits agriculteur·rices en Ukraine. Personnes ne parlent de ces paysan·nes ukrainiens. Mais selon les statistiques, les petites et moyennes fermes en Ukraine produisent 52,7% du produit intérieur brut agricoles du pays sur seulement 12% des terres agricoles. Elles produisent 98% du total de la production de pommes de terre, 86% des légumes et 81% du lait. En Ukraine comme partout ailleurs, ce sont les paysan·nes et les petit·es agriculteur·rices qui assurent la souveraineté alimentaire de leur pays, pas l’agrobusiness. Malgré cela, ils se voient niés toute reconnaissance de leur statut agricole et tout soutien de la part de l’Etat, réservé aux grandes exploitations.

Dès les premièrs jours de la guerre, les oligarques propriétaires des méga-exploitations agricoles et de l’agro-business exportateur ont fuit l’Ukraine. Mais les paysan·nes et les petit·es agriculteur·rices, eux, sont restés et ont continué à travailler. Ce sont eux qui assurent la continuité de l’approvisionnement alimentaire en temps de paix et à présent face à la guerre. Ils méritent d’être reconnus, ils méritent d’être soutenus. La Via Campesina s’engage à être à leur côté pour faire valoir leurs demandes.

Nous constatons que la guerre en Ukraine a aussi des conséquences très dures pour les populations qui vivent éloignées de la zone de conflit, du fait de la hausse des prix des biens essentiels, de l’alimentation, du carburants, du gaz et des médicaments, car les guerres sont souvent utilisées pour accroître la marchandisation au détriment de la vie des personnes. Dans de nombreux pays, la guerre a encore aggravé la situation très difficile liée à la pandémie de COVID-19 et les crises de la faim surgissent. Ce contexte montre encore une fois que faire dépendre la sécurité alimentaire des populations du commerce international et des entreprises multinationales est criminel. La Via Campesina exige que les gouvernements et les institutions de l’ONU, notamment la FAO, le FIDA et le Comité pour la Sécurité Alimentaire, prennent leurs responsabilités et adoptent, en urgence, les mesures suivantes :

  • interdire la spéculation sur les produits alimentaires,
  • mettre en place des échanges agricoles par des accords sur les produits à des prix justes et abordables pour les pays dépendants des importations,
  • interdire la transformation de produits agricoles en agrocarburants, et
  • suspendre immédiatement l’application des accords de l’OMC.

Nous exigeons que les gouvernements et les institutions de l’ONU engagent un changement radical de leurs politiques pour sortir du néo-libéralisme et mettre en oeuvre l’agroécologie, la réforme agraire et les droits paysans, de façon à assurer la souveraineté alimentaire.

Nous appelons nos organisations membres et alliées à faire entendre leur voix et à montrer leur solidarité pour exiger la fin de la guerre et trouver une solution diplomatique pour rétablir la paix. Nous sommes avec les paysans et les autres personnes vivant dans les zones rurales et urbaines qui partout dans le monde font face aux conflits et aux guerres impérialistes et continuent à résister pour défendre les droits humains et la souveraineté alimentaire.

Globalisons les luttes, Globalisons l’espoir!

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