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La Via Campesina exprime sa solidarité avec la Ligue des Paysans Kényans dans la lutte contre les OGM.

Nous, La Via Campesina, le mouvement paysan international avec plus de 182 organisations locales et nationales réparties dans 81 pays d’Afrique, d’Asie, d’Europe et des Amériques, exprimons notre solidarité avec la Ligue des paysans kenyans (KPL), notre organisation membre, dans sa lutte juridique visant à maintenir l’interdiction des OGM au Kenya. En octobre 2022, le gouvernement kényan a levé l’interdiction sur l’importation et la culture d’organismes génétiquement modifiés (OGM) qui était en vigueur depuis dix ans.

Les ordonnances conservatoires maintenant l’interdiction des OGM par la Haute Cour en décembre 2022 et la décision de la Cour d’appel de maintenir ces ordonnances conservatoires en raison d’un manque de participation publique adéquate dans la décision du gouvernement de lever l’interdiction des OGM ont apporté un soulagement temporaire à la lutte. 

La lutte juridique bientôt commence à la Haute Cour. Nous appelons tous les mouvements sociaux et les activistes à se mobiliser et à soutenir la Ligue des Paysans Kényans dans sa lutte continue contre la levée de l’interdiction de l’importation et de la culture d’organismes génétiquement modifiés (OGM) au Kenya.

Nous appelons le gouvernement du Kenya à respecter les droits des paysan·nes à déterminer leur avenir. La levée de l’interdiction des OGM va à l’encontre des droits des paysan·nes (article 10 – Droit à la participation ; 15- Droit à l’alimentation et à la souveraineté alimentaire ; 19 – Droit aux semences et 20 – Droit à la diversité biologique) inscrits dans la Déclaration des Nations unies sur les droits des paysan·nes et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP).

De plus, lever à nouveau l’interdiction des OGM contrevient à l’article 9 du Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture (TIRPAA), également connu sous le nom de « traité sur les semences », qui affirme qu’aucune loi ne devrait « limiter les droits des agriculteur·rices à sauvegarder, utiliser, échanger et vendre des semences et du matériel issus de leurs fermes ».. L’expérience de nombreux pays qui ont autorisé la production de OGM nous a appris que les systèmes de semences locaux ont beaucoup souffert. La biodiversité locale et l’environnement ont également souffert en raison de l’utilisation excessive d’intrants agricoles toxiques nécessaires pour garantir le rendement maximal des cultures d’OGM. La santé des populations a également été affectée.

Ainsi, nous croyons que si l’interdiction des OGM est levée, cela constituerait non seulement une attaque directe contre le mode de vie des paysan·nes au Kenya, mais aussi contre la région de l’Afrique de l’Est et le continent africain, car cela déclencherait une destruction incommensurable des systèmes de semences gérés par les paysan·nes. Le continent est soumis à une pression énorme pour réformer les législations sur les semences en faveur des grandes entreprises semencières et des géants de l’agro-industrie.

Les organisations paysannes et les autres mouvements sociaux continueront à se mobiliser pour que l’interdiction générale des OGM au Kenya prévale.

Mondialisons la lutte, mondialisons l’espoir.

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