Sri Lanka : Stoppez les arrestations illégales de militant·es, MAINTENANT !

Arrêtez l’attaque contre MONLAR ! #ReleaseChintaka

Déclaration de La Via Campesina | Bagnolet, France | 19 août 2022

De façon inquiétante, le gouvernement actuel du Srilanka, dirigé par Ranil Wickramasinghe, a étendu son attaque illégale et illégitime contre les manifestant·es et les mouvements sociaux en arrêtant Chintaka Rajapakshe, animateur de MONLAR Srilanka et d’autres manifestant·es le 18 août 2022.

MONLAR est membre de La Via Campesina. L’arrestation de Chintaka ne fait que rappeler la répression continue des mouvements sociaux et des dirigeants paysans par les gouvernements autoritaires. Chintaka Rajapskhe est issu d’une tradition de lutte héritée. Il a courageusement évoqué la situation critique des communautés paysannes et des travailleur·euses des plantations du Srilanka, qui subissent durement les conséquences de la grave crise économique et politique qui a ravagé le Srilanka.

La Via Campesina, en tant que le plus grand mouvement mondial de paysan·nes et de petit·es producteur·trices alimentaires, appelle le gouvernement du Srilanka à libérer immédiatement et sans condition Chintaka, ainsi que tous les militant·es, étudiant·es et leaders paysan·nes détenu·es.

La déclaration des Nations unies sur les droits des paysan·nes et des autres personnes travaillant dans les zones rurales, qui a été soutenue par le Srilanka ainsi que par une majorité de pays à l’ONU, défend explicitement notre droit à la dissidence.

Selon l’article 6 de la Déclaration, “Les paysans et les autres personnes travaillant dans les zones rurales ne seront pas soumis à des arrestations ou détentions arbitraires, à la torture ou à d’autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, et ne seront pas tenus en esclavage ou en servitude.” Dans son article 8, la Déclaration réaffirme que “les paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales ont le droit, individuellement et/ou collectivement, en association avec d’autres ou en tant que communauté, de participer à des activités pacifiques contre les violations des droits de l’homme et des libertés fondamentales.”

Il est inacceptable et immoral pour le gouvernement srilankais dirigé par Ranil Wickramasinghe de contredire les principes qu’ils ont engagés en 2018. Arrêtez cette répression, MAINTENANT !

Le peuple du Srilanka est en droit de réclamer une société qui lui garantisse la souveraineté alimentaire, la justice économique et sociale, et une vie libérée des griffes de la dette internationale !

Comme nous l’avons indiqué dans notre déclaration de mai 2022, la crise au Srilanka trouve ses racines dans une série de politiques néolibérales mises en avant par les institutions financières mondiales. La mise en œuvre des politiques néolibérales destructrices préconisées par des organismes multilatéraux comme la Banque mondiale et le Fonds monétaire international a entraîné le retrait de l’État des services publics essentiels comme l’éducation, la santé, la nutrition et d’autres besoins fondamentaux.

La crise de la dette rurale a poussé plusieurs personnes issues des communautés les plus pauvres à se suicider. Le modèle de développement néolibéral a entraîné des inégalités massives entre les riches et les pauvres. Les pauvres continuent d’être exploités par les réformes liées au marché qui ont maintenu les salaires à un bas niveau. Les pratiques patriarcales omniprésentes ont aggravé les difficultés des femmes et des filles rurales.

Chintaka Rajapakshe et son mouvement social se font l’écho de ces réalités vécues par les gens à travers leurs protestations. Au lieu de les arrêter et de museler leur droit d’exprimer leurs opinions, le gouvernement du Srilanka doit écouter les besoins et les demandes de la population.

Libérez Chintaka et tou·tes les autres militant·es, maintenant !

Respectez et appliquez la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysan·nes !

Cet article est disponible en