#17Avril2019 – « La Déclaration des droits paysans doit être un outil politique pour la Réforme agraire et la Justice sociale »

Communiqué de presse – La Via Campesina.

(Harare, le 17 avril 2019) Aujourd’hui, 17 avril 2019, journée internationale des luttes paysannes, en tant que La Via Campesina, nous affirmons la Déclaration sur les droits des paysans comme un outil politique pour renforcer la lutte globale pour des conditions de vie dignes à la campagne. D’ailleurs, celle-ci doit encourager une réforme agraire urgente à l’échelle globale, comme politique nécessaire pour que les États la mettent en place la déclaration. Aujourd’hui, nous exigeons aussi le respect de nos droits et la fin de l’impunité. Défendre les territoires n’est pas un délit, arrêtez la criminalisation, les délogements et les meurtres. Nous rappelons aujourd’hui le 23° anniversaire de la « Massacre d’Eldorado dos Carajás » au Brésil et les luttes qui ont lieu dans chaque territoire, pour exiger les #DroitsPaysansMAINTENANT avec la Réforme agraire et Justice sociale.

En tant que mouvement paysan international, nous demandons une Réforme agraire issue d’un processus de construction de la Souveraineté alimentaire pour renforcer l’agriculture paysanne, qui garantit le droit à des aliments sains et à des prix équitables pour la classe ouvrière de la campagne et des villes, ce qui rend possible la mise en place effective des Droits paysans dans toute la planète.

Notre projet de réforme agraire garantit la démocratisation de la terre et comprend tout ce qu’il faut pour une vie digne pour les paysan.ne.s : éducation, santé, culture, infrastructure, des biens communs comme l’eau, les mers, les mangroves et les eaux continentales, les semences, la biodiversité dans son ensemble, ainsi que la régulation du marché et l’arrêt des accaparements, délogements et meurtres. D’ailleurs, elle comprend le renforcement de la production agroécologique en tant que forme de production cohérente avec les cycles de la nature et capable de mettre un frein au changement climatique, préserver la biodiversité et réduire la pollution.

Avec l’offensive du capital dans toute la planète, et notamment en Amérique Latine, « l’un des principaux défis est la lutte pour la terre, des aliments sans poisons et la justice sociale, c’est-à-dire, pour que les Droits paysans soient garantis dans les territoires, nous aurons besoin d’une construction en unité axée sur une contre-offensive populaire nous permettant de récupérer notre place dans le continent et demander des politiques publiques en notre faveur », affirme Diego Montón, du Mouvement National Paysan Indigène de l’Argentine.

En Asie, la problématique est différente. Les femmes paysannes retrouvent de nombreux obstacles pour que leurs droits soient garantis. En particulier, elles n’ont pas le droit à la terre ni à un lieu égalitaire au sein des mouvements sociaux ni dans leurs communautés. D’ailleurs, les paysan.ne.s ne sont pas dûment payé.e.s pour leurs produits, ce qui a provoqué beaucoup de manifestations au sud et au sud-est de l’Asie l’année dernière. Cette région fait face aussi à une série d’accords de libre échange régionaux et multilatéraux. Le RCEP est l’un des majeurs accords de ce genre, qui comprend 16 pays de l’Asie du Pacifique et qui met en alerte les Droits paysans.


La réforme agraire dans la région arabe et au nord de l’Afrique, région marquée par l’occupation et le colonialisme, est un facteur clé pour atteindre la Souveraineté alimentaire dans un contexte de guerre. La réforme agraire est un droit urgent des paysan.ne.s et, sans elle, il est impossible d’atteindre l’autonomie et l’indépendance de l’exploitation, la vassalité et l’érosion, et face aux politiques colonialistes pratiquées par la colonisation directe et indirecte à travers les instruments de colonisation des régimes de gouvernement.


En tant que La Vía Campesina, nous sommes préoccupés de voir comment, dans tous les coins de la planète, Afrique, Amérique, Europe et Asie, nous faisons face aux intérêts du capital qui a mené à l’accélération de l’extractivisme au détriment de la vie, et à un accaparement de terres massif et alarmant, contre une réforme agraire populaire, de même que les changements dans l’emploi du sol, ce qui menace non seulement les Droits paysans mais aussi la Souveraineté alimentaire dans le monde.

Nous nous unissons donc en solidarité et lutte, ce 17 avril, pour demander :

Droits paysans MAINTENAT ! Avec Réforme agraire et Justice sociale !

Contacts de presse :

  • Diego Montón – Mouvement National Paysan Indigène, Argentine, espagnol. (+54 92615062)
  • Marina Dos Santos, The Landless Movement of Brasil – Portugués/ espagnol (+55 21981850558)
  • Henry Saragui – SPI, Indonésie, anglais.
  • Federico Pacheco – Andalusian Union of Workers, SOC- SAT. Français (+34 0690651046)

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