PAC post-2020 et régulation Omnibus : ECVC plaide auprès des institutions pour une PAC juste pour les paysans et les consommateurs

Communiqué de presse de la Coordination européenne Via Campesina

(Bruxelles, le 21 avril 2017) Dans le contexte du processus de réforme de la Politique agricole commune (PAC) amorcé cette année, la Coordination européenne Via Campesina a réalisé la semaine dernière une série d’actions en vue d’obtenir une PAC davantage orientée vers les intérêts des populations. Pour ce faire, ECVC a répondu au questionnaire de la Commission européenne sur le futur de la PAC, entretenu des conversations avec le cabinet de Phil Hogan afin de fixer un rendez-vous avec le Commissaire et participé à des réunions avec des responsables de la DG AGRI, le président de la Commission agricole du Parlement européen M. Siekierski, ainsi que plusieurs députés européens pour préciser ses attentes et propositions.
Le renouvellement des générations et les nouvelles exploitations, le développement d’une agriculture présentant un impact positif pour le climat et l’environnement, et la fourniture d’une alimentation saine et variée aux citoyens européens, ne peuvent passer que par des politiques plus justes, permettant d’assurer un revenu stable et décent pour l’ensemble des exploitations agricoles et notamment toutes celles de petite dimension qui constituent la vaste majorité des fermes européennes.

Pour cela, l’Europe ne doit pas renoncer– par idéologie – aux outils de régulation des marchés et de maîtrise des productions qui agissent sur les prix des produits. Il faut introduire des outils de prévention des crises, plutôt que des « filets de sécurité », le système d’assurances ou les marchés à terme, qui aggraverait encore la situation des secteurs de l’agriculture et de l’élevage.

La PAC doit rééquilibrer les soutiens en appliquant un plafonnement des aides et en les redistribuant plus équitablement, non pas en fonction des hectares, mais des personnes travaillant sur la ferme, une hypothèse proposée par la Commission européenne dans une des options testées dans les évaluations programmées.

Il est nécessaire de mettre en œuvre, par le biais de la facilitation de l’accès au foncier, aux moyens de productions et aux marchés, une politique comportant un engagement en faveur de l’installation de jeunes et de nouveaux agriculteurs et agricultrices, et assurant la reconnaissance des multiples formes d’agriculture et d’élevage durables.

Dans le cadre de la régulation OMNIBUS actuellement en cours de négociation, ECVC approuve la proposition d’introduction d’un plafonnement du montant des aides octroyées. Toutefois, l’organisation paysanne réaffirme son opposition au développement d’un système d’assurance-revenus ; ces outils risquent en effet de drainer un montant irraisonnable d’argent public au bénéfice de sociétés privées d’assurances, sans impact effectif sur les crises et la volatilité des marchés et sans avantage réel pour les agriculteur-rice-s. Il est aussi capital de définir l’agriculteur actif au moyen d’une définition européenne, basée sur le coté effectif du travail, et sans exclusion des pluri-actifs et des petit-e-s producteur-rice-s qui dépendent réellement de leur activité agricole pour vivre.

La voix des petits et moyens agriculteurs et agricultrices s’est fait clairement entendre, sans ambiguïté aucune. Les interlocuteurs ont reconnu le rôle important joué par nos paysan-ne-s pour assurer le tissu rural et la qualité de l’alimentation, et concédé qu’ils/elles sont le plus à même de répondre aux défis environnementaux. Néanmoins, il reste encore à trouver les moyens concrets d’une politique européenne réellement juste et durable.

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Contact :

Geneviève Savigny (Comité de Coordination ECVC) : 0033 62 555 1687 – FR, EN, ES

Jose Miguel Pacheco Goncalves (Comité de Coordination ECVC) : 0035 19 6872 1995 – PT, ES