France : pour garantir un revenu décent à nos paysans

Par Jean Mouzat, président de la Confédération Syndicale Agricole des Exploitants Familiaux :


Le lancement des États Généraux de l’Alimentation avait suscité des espérances dans le monde paysan. À l’issue des débats à l’Assemblée Nationale, le projet de loi « pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine et durable » comporte de faibles avancées sur le revenu des paysans. Pour le MODEF, cette loi laisse un goût amer sans mesure concrète pour redonner des perspectives d’avenir.

Le 30 mai dernier, les députés ont adopté en première lecture 207 amendements en refusant les amendements proposés par le MODEF notamment d’imposer des prix planchers agricoles, un coefficient multiplicateur aux distributeurs à partir des prix agricoles …

Le 13 juin, la commission des affaires économiques au Sénat a proposé 16 amendements et insisté sur le fait de revenir à l’essentiel, c’est à dire de « permettre aux agriculteurs de vivre décemment de leur travail, réduire leurs charges et leurs contraintes, promouvoir les productions locales et de qualité ».

Le MODEF va organiser un rassemblement ce vendredi 22 juin 2018 à 14h30 devant la permanence du rapporteur de la loi à Jarnages en Creuse, Jean-Baptiste MOREAU, député de la Creuse.

Le MODEF est porteur des propositions suivantes :

  • Fixer des prix planchers rémunérateurs garantis pour les produits agricoles en fonction de l’évolution des coûts de production,
  • Encadrer les marges de la grande distribution, des transformateurs et de l’agroalimentaire grâce au coefficient multiplicateur,
  • Interdire les promotions sur les produits agricoles et la vente à perte,
  • Refuser la contractualisation,
  • Maîtriser les productions agricoles en instaurant des quotas afin de réguler la production,
  • Stopper les négociations commerciales avec le TAFTA, le CETA, le MERCOSUR …
  • Assurer des débouchés aux produits agricoles en obligeant les entreprises de l’agroalimentaire et la grande distribution qui bénéficient du CICE de s’approvisionner en produits agricoles français,
  • Harmoniser les différentes réglementations en terme environnementales, sanitaires et sociales pour tous les États membres de l’U.E,
  • Interdire le dumping sanitaire et social,
  • Maintenir l’élevage dans notre territoire,
  • Produire plus de protéagineux pour nourrir les élevages français,
  • Inciter les exploitations à se diversifier,
  • Donner des moyens financiers pour la recherche publique à hauteur des enjeux,
  • Développer les techniques culturales simplifiées (TCS) afin de diminuer les quantités de produits phytosanitaires.

Il est important que le gouvernement prenne conscience de la situation dramatique des paysans et surtout garantir un revenu décent à nos exploitants en fixant des prix planchers en fonction de l’évolution des coûts de production.

Angoulême, le 18 juin 2018

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