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Pérou : Les mécanismes de l’ONU saisis à propos des violations des droits humains et de la répression lors des protestations sociales

Lima, Genève, Bruxelles, le 9 février 2023 – La Fédération Nationale des Femmes Paysannes, Artisanes, Autochtones, Natives et Salariées du Pérou (FENMUCARINAP) en tant qu’organisation membre de La Via Campesina, le CETIM et la Red Whipalas, en collaboration avec Quinto Suyo Suiza-Peru et le Collectif Pérou Solidaire – Belgique, ont soumis une plainte auprès de différents mécanismes de protection des droits de l’homme de l’ONU pour dénoncer les violations et la répression contre le peuple péruvien, dans le contexte de la fracture politique et social qui affecte le pays depuis la rupture institutionnelle de décembre 2022.

Suite à la destitution controversée du président Pedro Castillo, dictée par un Congrès représentatif des élites dominantes racistes, le Pérou a vu ses fractures sociales historiques resurgir avec acuité dans le contexte d’une crise sociopolitique généralisée, marquée par une répression sanglante et des violations systématiques des droits humains par le gouvernement provisoire de Dina Boluarte. Des manifestations populaires ont été et continuent à être menées au niveau national par des segments variés de la société civile péruvienne, avec la large participation des secteurs populaires paysans, autochtones et des travailleur·euses. Jusqu’à présent, la violence des « forces de l’ordre » a déjà causé la mort de plus de 60 personnes (dont la quasi-totalité directement du fait de la répression) et fait plus de 1 000 blessé·es.

Les organisations et mouvements sociaux qui se mobilisent de manière légitime pour défendre leurs droits ne sont pas seulement sujets à une répression sanglante, à des menaces et à la criminalisation, mais aussi au racisme systémique ainsi qu’à d’autres types de discriminations.

Il est nécessaire de souligner que les manifestations sociales se focalisent sur des demandes démocratiques de base, comme celle d’avancer sur le programme de retour à un état de droit et au cours démocratique du pays, en garantissant la rénovation des institutions et des pouvoirs de l’Etat, ainsi que la convocation d’une Assemblée constituante libre et souveraine.

Divers organismes internationaux de droits humains, après leur visite sur place, ont exprimé leurs préoccupations et leur réprobation face aux atrocités commises contre les civils au Pérou ces dernières semaines, comme le Bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l’Homme (HCDH) et la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme (CIDH).

Face aux violations massives des droits humains et à la crise politique et sociale préoccupante au Pérou, nos organisations ont déposé une plainte auprès de différents mécanismes de protection des droits humains de l’ONU.

Cette plainte demande, entre autres, aux mécanismes pertinents de l’ONU d’intervenir auprès du gouvernement péruvien à cesser les actes de répressions et les exécutions de manifestant·es, à libérer avec effet immédiat toutes les personnes détenues arbitrairement et à garantir que les responsables de ces violations soient dument identifiés et sanctionnés et que les personnes affectées aient accès à la justice et à des réparations.

Nos organisations et mouvements suivrons de près l’évolution de la situation au Pérou et la suite que donneront à notre requête les mécanismes onusiens.


Contacts:

Lourdes Huanca, FENMUCARINAP/La Via Campesina, fenmucarinap2006@gmail.com

La Via Campesina, press@viacampesina, +33143625656

Raffaele Morgantini, CETIM, www.cetim.ch, raffaele@cetim.ch, +41796606514

Maya Corminboeuf, Red Whipalas, maya.corminboeuf@gmail.com, +4178737097

Maria del Rosario Wuillemin, Quinto Suyo, admaira@hotmail.com, +41766156732

Rafael Salgado Olivera, Collectif Pérou Solidaire – Belgique, saloraca@gmail.com

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