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Mégabassines : l’UNF exprime sa solidarité avec la Confédération Paysanne et a adressé une lettre à l’Ambassadeur de France

Dans une lettre à l’Ambassadeur de France, Michel Miraillet, l’Union Nationale des Fermiers du Canada (UNF) a appelé le gouvernement français à cesser ses violations des droits de l’homme, en particulier les droits des agriculteurs et des paysans reconnus dans la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et des autres travailleurs ruraux (UNDROP), notamment la liberté de pensée, d’opinion et d’expression, la liberté d’association et le droit de participer.


Cher Michel Miraillet,

L’Union Nationale des Fermiers du Canada (UNF) exprime sa profonde solidarité avec notre organisation sœur en France, la Confédération Paysanne, et ses membres qui participent à des actions directes non violentes avec le mouvement Les Soulèvements de la Terre pour s’opposer à l’accaparement des terres et de l’eau ainsi qu’à la destruction des écosystèmes par de grandes entreprises agroalimentaires.

Le 21 juin, le gouvernement français a annoncé l’interdiction des Soulèvements de la Terre, accusant les militants de mener du « terrorisme écologique » lors de plusieurs manifestations de grande envergure contre l’extractivisme, en particulier autour de la construction de gigantesques bassins de rétention pour l’irrigation agricole, dont il existe au moins 300 projets en France. Les Soulèvements de la Terre soulignent que ces méga-bassins sapent le droit à l’eau et ne profitent qu’à une petite minorité de grandes entreprises agroalimentaires.

Ces derniers jours, le syndicat représentant les agriculteurs industriels et les intérêts agro-industriels, la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), a également ciblé et appelé à la dissolution de notre organisation sœur, la Confédération Paysanne.

La NFU dénonce ces menaces et soutient fermement la Confédération Paysanne et ses membres.

Nous appelons le gouvernement français à mettre fin à ses violations des droits de l’homme, en particulier des droits des agriculteurs et des paysans reconnus dans la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et des autres travailleurs ruraux (UNDROP), notamment la liberté de pensée, d’opinion et d’expression, la liberté d’association et le droit de participer.

Les dizaines de milliers de jeunes qui luttent pour une répartition plus équitable de l’accès à la terre et à l’eau agissent en fonction d’un sens aigu des responsabilités face aux inégalités sociales et à la destruction des écosystèmes. Ces actions revêtent une importance particulière à l’heure où la crise climatique entraîne des températures record, des inondations, des incendies de forêt massifs et d’autres phénomènes météorologiques extrêmes qui intensifient les menaces pesant sur les moyens de subsistance des agriculteurs et des paysans.

Au nom des membres agriculteurs de l’Union Nationale des Fermiers du Canada (UNF), nous vous remercions de prendre le temps de lire cette lettre et nous vous exhortons à soulever cette question auprès du gouvernement français et à les encourager à prendre une position ferme en faveur des droits de l’homme.

Cordialement,
Jennifer Pfenning
Présidente de l’UNF

Ce article est également disponible en English.