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Maroc : La fédération Nationale du Secteur Agricole, membre de la Via-Campésina célèbre le 17 Avril, la Journée Internationale des Luttes Paysannes.

Le 17 Avril 2024Le Secrétariat Exécutif de la FNSARabat ,

Le 17 avril La fédération Nationale du Secteur Agricole, membre de la Via-Campésina, célèbre la journée Internationale des luttes Paysannes destinée à commémorer et à mettre en valeur la résistance des paysan·nes du monde entier, et à souligner la continuité de leur militantisme avec toute détermination pour la justice sociale et la dignité.

A cette occasion, la FNSA rappelle les conditions de travail et de vie des paysan·nes au Maroc, caractérisées par la pauvreté et la marginalisation, et rappelle aux responsables le rôle majeur que jouent ces derniers pour assurer l’alimentation de notre peuple, contrairement à l’agriculture d’exportation qui fait l’objet d’une grande attention dans le cadre de la politique agricole officielle, qui marginalise la main d’œuvre, affecte négativement la fertilité de nos terres agricoles et épuise nos réserves en eau pour satisfaire les besoins des marchés étrangers ; Et confirme et déclare ce qui suit :

  1. Dénonce renouvellement la persistance du gouvernement à ignorer les revendications des petit·es agriculteur·rices et des travailleur·euses de la terre tout en orientant les subventions et les encouragements principalement vers les grands investisseurs dans le secteur.
  2. Souligne l’état de crise profonde que traverse le secteur agricole et forestier en raison de l’absence d’une politique agricole qui garantit la souveraineté alimentaire de notre peuple, préserve les ressources naturelles (sol, eau, forêt, environnement), affronte le changement climatique et améliore la situation sociale des agriculteur·rices et des travailleur·euses agricoles.
  3. Se tient fermement au côté de la Via-Campesina pour lutter résolument contre les génocides, les guerres, la violation de la souveraineté des peuples, le déplacement des agriculteur·rices de leurs terres, la violation de leurs droits et l’escamotage des intrants agricoles – notamment les semences – par les sociétés multinationales ; Et s’engage également à lutter contre l’ingérence des institutions néolibérales, telles que l’organisation mondiale du commerce, la banque mondiale et le fond monétaire international, dans l’orientation des politiques agricoles nationales qui met en danger les moyens de subsistance des agriculteurs et des travailleurs agricoles.
  4. Constate l’échec lamentable des « cultures alternatives » qui remplacent les céréales, base et pilier de la sécurité alimentaire, par d’autres cultures, sans prêter attention à l’évolution de la céréaliculture et à l’intérêt croissant qu’elle suscite à travers le monde.
  5. Confirme que la politique de privatisation des terres agricoles et des domaines forestiers et leur transfert aux grands propriétaires, aux spéculateurs immobiliers et aux entreprises agricoles ainsi que le gaspillage de l’eau d’irrigation, ne résoudra point la crise du secteur et ne mènera qu’à des désastres environnementaux et à des crises sociales étouffantes qui couteront cher aux travailleur·zuses, aux petit·es agriculteur·rices, aux villageois et à toutes les citoyennes et citoyens.
  6. Demande la suppression de l’exonération fiscale pour les grands agriculteur·rices, les propriétaires fonciers et les entreprises étrangères, tout en dénonçant le fait que l’intégrité des subventions de l’Etat profite à cette catégorie ; Et appelle à la justice pour les petit·es agriculteur·rices en renforçant le soutien qui leur est destiné, parallèlement à une politique qui sert leurs intérêts dans le domaine des prêts ; (il n’est pas concevable qu’un investisseur agricole soit exonéré avec un bénéfice net pouvant atteindre 40000 dirhams par mois, alors que le technicien qui travaille dans son exploitation paie environ 500 dirhams d’impôt sur le revenu).
  7. Appelle à l’adoption d’une politique alimentaire combinant production agricole et pêche maritime pour assurer l’approvisionnement alimentaire et garantir que les citoyen·nes aient le pouvoir d’achat pour accéder à la nourriture grâce à une augmentation générale des salaires, tout en garantissant la qualité et la sécurité sanitaire des aliments.
  8. Considère que la politique agricole adoptée en relation avec les accords injustes de libre-échange conduira inévitablement à un désastre dans tout le pays, notamment dans le monde rural, et que la véritable alternative pour la prospérité du monde rural, parvenir au bien-être de ses habitant·es et sortir de l’indépendance dans le domaine alimentaire, consiste à mener une réforme agricole globale et démocratique qui donne la terre à ceux qui y travaillent et rend à l’Etat son rôle de contrôle et de qualification du secteur.
  9. Enfin ; Appelle le gouvernement à respecter le contenu de la déclaration des Nations-Unis concernant les droits des paysan·nes, que le Maroc a ratifié le 17 décembre 2018 et à mettre en œuvre sur le terrain, tout en commençant par l’ouverture d’un dialogue sérieux et responsable sur les questions paysannes conformément au chapitre 9 de la déclaration.

Le SecrétariatExécutif de la FNSA

Rabat ; le 17 Avril 2024