Solidarité avec le Syndicat paysan de Taïwan (TFU) et le Front rural de Taïwan (TRF)

Motion adoptée le 12 Juin 2013 par la VI Conférence internationale de la Via Campesina

Arrêt de l’accaparement des terre et de l’eau et de la libéralisation du commerce en Taïwan!

Les régions de l’Asie du Sud Est et de l’Asie de l’Est de La Via Campesina envoient leur solidarité et leur soutien aux paysans qui, ces dernières décennies, luttent contre l’accaparement des terres et la libéralisation du marche agricole et pour le droit de pratiquer l’agriculture et de vivre en zones rurales. 

Considéré pendant un certain temps comme l’un des tigres asiatiques, la Taïwan paie le prix d’un développement néolibéral capitaliste. Au nom de la science et de projets industriels complexes, des pouvoirs spéciaux ont été invoqués pour s’approprier des terres. Jusqu’à présent, 6378,15 hectares sont menaces d’expropriation, ce qui a provoque une longue résistance paysanne sous la forme d’un mouvement anti-accaparement de terre et anti-accaparement de l’eau partout à Taïwan.

L’expropriation des terres est une mesure gouvernementale très grave avec des conséquences morales, politiques et matérielles désastreuses. Il ne faut pas en abuser. L’accaparement des terres à Taïwan est une atteinte aux droits des peuples et à leur droit à s’assurer des moyens d’existence. Nous pensons que ce mode de développement qui prive les populations de leurs droits à la propriété, à la subsistance et à un environnement sain est régressif. La terre, l’eau, et les autres ressources naturelles ne sont pas des ressources productives mais bien plus des éléments essentiels aux populations. La juste survie des populations sur leur terre doit être protégée contre de tels développements.

D’autres cas en Asie, ainsi que dans d’autres continents tels que l’Amérique, l’Europe et l’Afrique, montrent que les paysans qui ont perdu leur terre sont obliges d’émigrer vers les zones urbaines ou même à l’étranger dans une recherche désespérée d’un travail et ne trouvent que la faim et la pauvreté. 

Non seulement le gouvernement de Taïwan prive les paysans de leurs moyens de production, il a aussi, dès 2011, donné son accord à l’importation de bœuf et de porc des USA dans le but de raviver l’Accord d’investissement et de Libre-Échange (AILE) entre Taïwan et les États-Unis. En outre, l’État pousse maintenant à l’importation de 830 produits agricoles de Chine dans le cadre d’accords de commerce bilatéraux préférentiels, Accord de Coopération économique (ECFA). De telles mesures menacent les moyens d’existence des paysans de Taïwan et la sante publique.

Les accords de libre-échange ne sont ni justes ni équitables. La libéralisation du commerce de ces dernières décennies a augmenté l’écart entre les riches et les pauvres a Taïwan. L’ALE Corée – USA (KORUS FTA) nous fournit une preuve que les ALE ne font pas que baisser ou éliminer les tarifs douaniers ; il s’agit aussi d’accords de commerce avec des dispositions toxiques qui minent la souveraineté alimentaire et la souveraineté nationale.

 Nous demandons donc au gouvernement: 

  • l’arrêt immédiat de toutes formes d’accaparement des terres et de l’eau à Taïwan !
  • L’arrêt immédiat des accords de libre échange qui portent atteinte aux paysans, aux consommateurs et a l’environnement.

Les régions de LVC: l’Asie du Sud-Est et de l’Asie de l’Est pensent que la lutte des paysans de Taïwan pour la justice foncière, n’est pas seulement pour leur bénéfices mais aussi pour celui de tous les paysans du monde. Nous continuerons a travailler avec le Syndicat des Paysans de Taïwan (Taiwan Farmers Union)  et le Front rural de Taïwan (Taiwan Rural Front) pour arriver à mettre en place la souveraineté alimentaire et les droits des paysans dans la région et dans le reste du monde.

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