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« Avec le féminisme et la souveraineté alimentaire nous changeons le monde »

(Derio, 18 juillet 2017) Hier, a eu lieu l’ouverture de la Vème Assemblée Internationales des femmes de La Via Campesina, à laquelle ont participé environ 150 femmes de tous les continents et de 79 pays. 4 ans après l’Assemblée de Jakarta, en Indonésie, elles se retrouvent pour deux jours, à Derio, Pays Basque, pour définir la stratégie de leurs actions collectives et échanger leurs expériences sous le slogan « avec le féminisme et la souveraineté alimentaire, nous construisons le mouvement pour changer le monde ». La mistica d’ouverture de cette magnifique assemblée fut un espace permettant d’identifier les éléments qui fondent l’unité des paysannes du monde entier. Les femmes ont réaffirmé leur engagement pour la souveraineté alimentaire et le féminisme. Elles luttent contre le patriarcat, pour une alimentation saine, pour la protection de l’environnement, pour la paix dans le monde et pour éradiquer tous types de violence contre les femmes. L’assemblée a célébré le fait qu’aujourd’hui les femmes occupent une place aussi importante que les hommes dans le comité de coordination international de La Via Campesina. Cet accomplissement a été retracé par un aperçu historique du rôle des femmes au sein de La Via Campesina.

De la même manière, les diverses alliances avec d’autres mouvements et entités qui soutiennent les luttes des paysannes furent célébrées avec enthousiasme. Mentionnons parmi ceux-ci la Marche Mondiale des Femmes, les Amis de la Terre International, le Forum Mondial des Peuples Pêcheurs et le Groupe ETC, qui ont envoyé des déléguées à l’assemblée. Toutes les participantes ont affirmé clairement qu’elles partagent des luttes sociales qui dépassent les frontières. Du Mozambique à l’Inde, en passant par le Honduras, elles ont mentionné tout ce qui les affecte aujourd’hui brutalement : le féminicide, la difficulté de l’accès à la terre, le manque de respect de leurs droits comme êtres humains et comme travailleuses, ainsi que les lois contre les semences paysannes et créoles, dont elles sont majoritairement les gardiennes.

Pendant le deuxième jour, les femmes construiront leur plan d’action pour les quatre prochaines années et définiront leurs apports à la VIIème Conférence Internationale de La Via Campesina, qui se déroulera du 19 au 22 juillet.

Elizabeth Mpofu, du ZIMSOFF au Zimbabwe, et qui assume aujourd’hui avec d’autres membres du comité de coordination international, la coordination générale de La Via Campesina, affirme : «  le monde traverse maintenant ce moment caractéristique des douleurs de l’accouchement où les femmes pensent mourir tant la douleur qu’elles vivent est forte. Notre monde vit cela tant il est tiraillé par l’inégalité, les guerres, la famine, les sécheresses, la hausse du prix des denrées alimentaires, la violence… » Elle explique que, face à cette crise humanitaire, les femmes sont l’avant-garde de la production d’aliments et du changement social basé sur la solidarité, la justice et l’égalité.

Globalisons la lutte, globalisons l’espoir !

Equipe de communication de La Via Campesina.

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