Coming Out : La diversité de genre dans le système alimentaire

Paula Gioia

Dans le contexte mondial actuel, la discrimination est utilisée comme outil pour couvrir et soutenir des mouvements politiques autoritaires et d’extrême droite. Les personnes immigrées et réfugiées se voient refuser leur droit d’asile tandis que celles qui défendent les droits humains sont assassinées et que la société civile est criminalisée, tout cela en totale impunité. La mainmise grandissante des grandes entreprises sur les politiques publiques, combinée à la destruction et à l’accaparement effrénés des ressources naturelles – la terre, l’eau et les semences –, sont l’expression de l’influence dévastatrice d’une élite économique qui engendre des inégalités dans le monde entier. Dans un tel contexte, ce sont les identités corporelles, sexuelles et de genre qui sont ciblées. Les forces de droite et conservatrices qui sont responsables de cette réalité sont souvent celles-là mêmes qui bafouent les droits humains, particulièrement les droits des femmes, et des personnes non-hétéro-normatives, en perpétuant des discours misogynes, homophobes et transphobes qui vont de pair avec « le nationalisme extrémiste et la xénophobie, le suprémacisme culturel et racial »

Les agences des Nations Unies sont des acteurs de plus en plus engagés au niveau international sur les questions ayant trait à l’orientation sexuelle, à l’identité, à l’expression du genre et aux caractéristiques sexuelles. Au cours de ces dernières années, des législations nationales ont été réformées en faveur des personnes de genre non conforme. Cependant, les personnes LGBTTIQ restent marginalisées et leurs droits humains sont encore souvent bafoués. La discrimination structurelle dont elles sont victimes mène en effet généralement à leur exclusion sociale, ce qui a pour effet que leurs droits à l’alimentation, au logement et à la vie ne sont pas garantis.

Actuellement, les pouvoirs publics – à différents niveaux – défendent encore une identité nationale hétéronormative anti-LGBTTIQ. Dans un tel contexte, les droits des communautés LGTBTTIQ, ainsi que ceux des militants et militantes des droits sexuels qui les défendent à tous les niveaux, sont fréquemment violés. Pourtant, ces communautés elles aussi – et elles ne sont pas les seules – jugent et exercent des discriminations à l’égard d’autrui 7 . Elles reproduisent ainsi les tensions existant au sein de la société en lien avec la race, le genre, la classe sociale et la dynamique Nord-Sud. Comme cet article le démontre, le mouvement pour la souveraineté alimentaire basée sur les droits – bien qu’il défende un agenda féministe auprès des petits producteurs et productrices d’aliments – n’est pas épargné par la reproduction des schémas sexistes. En outre, la naturalisation de la distribution des rôles en fonction du genre dans l’agriculture, de même que la non-mention dans des déclarations importantes des personnes qui ne rentrent pas dans les schémas hétéronormatifs, non seulement rendent ces dernières invisibles, mais aussi «entravent l’adoption d’un « point de vue intersectionnel qui permettrait l’analyse des multiples discriminations. »

Cet article analyse la façon dont la lutte pour les droits des personnes LGBTTIQ est en grande partie réduite au silence au sein du plus vaste mouvement de défense des droits humains, ainsi que dans le cadre du combat pour la souveraineté alimentaire et le droit humain à une alimentation adéquate et à la nutrition. Il affirme que laisser ces personnes de côté est un déni des multiples formes de discrimination dont elles sont victimes. Il a pour objectif de promouvoir le dialogue entre les mouvements féministes, féministes « queer » et les mouvements pour la souveraineté alimentaire, afin de renforcer leur potentiel de compréhension mutuelle et de collaboration. Enfin, ce texte est un appel à tous ces mouvements pour qu’ils unissent leurs forces et agissent de concert dans leur lutte collective pour la dignité et les droits humains.

L’AUTO PERPETUATION DU CYCLE DE LA DISCRIMINATION DE GENRE ET DE L’INSÉCURITÉ ALIMENTAIRE

Dans les zones urbaines des États-Unis, les personnes de genre non-conforme savent ce que c’est que de subir de multiples discriminations. Les droits des personnes LGBTTIQ appartenant à des minorités ethniques pauvres sont particulièrement fréquemment violés. Différentes organisations ont dénoncé les graves violences et les discriminations dont sont victimes les femmes trans d’ascendance africaine de la part de la société et de la police. Le harcèlement ou les mauvais traitements au travail liés à leur identité de genre sont aussi courants. Suite au harcèlement plus intense encore qu’elles subissent sur leur lieu de travail et à l’impossibilité de garder leur emploi, ces personnes disposent de moins de moyens pour assurer la satisfaction de leurs besoins de base, comme se nourrir et se loger. Pour survivre, bon nombre d’entre elles se tournent vers la prostitution. Or, dans le contexte d’une structure systémique défaillante où transphobie et misogynie sont intersectionnelles, les personnes de couleur transféminines travaillant dans l’industrie du sexe subissent aussi des discriminations, dans leurs rapports interpersonnels mais également au sein même des programmes sociaux spécifiquement mis en place pour les aider. Elles sont par exemple victimes de discrimination dans l’accès aux infrastructures d’urgence où elles pourraient trouver logement et nourriture. Comme la majorité des refuges pour sans abris aux États-Unis sont organisés sur la base du sexe, les hypothèses erronées sur l’identité de genre constituent pour ces personnes un obstacle à l’accès à de tels services. Certains fonctionnaires ainsi que les organisations qui les emploient ou même les associations caritatives gérées comme des entreprises qui font du « philanthrocapitalisme » font également preuve de comportements discriminatoires. Dans ce contexte, la criminalisation des personnes à la peau noire ou brune, ajoutée à la criminalisation et à la stigmatisation de celles qui travaillent dans l’industrie du sexe, à la marginalisation des personnes transidentitaires dans les services d’hébergement d’urgence, et plus spécifiquement l’intersectionnalité de ces différentes formes de discrimination, induisent des violations systématiques de leurs droits humains, y compris du droit à une alimentation adéquate et à la nutrition.

Les autochtones LGBTTIQ des Amériques doivent aussi faire face à des discriminations tant au sein de leurs propres communautés qu’à l’extérieur de celles-ci. La colonisation européenne a laissé en héritage un lot de préjugés qui, aujourd’hui encore, ont un impact négatif sur les sexualités et les spiritualités ancestrales des peuples autochtones. Par le passé, différents mécanismes ont été utilisés pour coloniser la sexualité autochtone et imposer ainsi des conceptions sociales et religieuses européennes des relations entre personnes d’un même genre et des transidentités. Pourtant, de nombreux documents prouvent qu’avant la colonisation, d’autres conceptions existaient pour exprimer la diversité sexuelle et de genre dans plusieurs communautés autochtones, comme par exemple la sexualité muxe dans les cultures zapotèques du sud du Mexique, ou la sexualité « bispirituelle » parmi les Amérindiens. Les « bispirituels » jouaient traditionnellement un rôle sacré dans les rituels et les cérémonies des communautés car ils pouvaient avoir accès à des qualités tant masculines que féminines. A la suite de ses politiques de mariages inter-ethniques, de scolarisation, de codes vestimentaires, d’attribution de noms et en coupant les cheveux des autochtones, la colonisation a provoqué d’immenses pertes culturelles, avec des conséquences préoccupantes pour les communautés autochtones. L’homosexualité parmi les peuples autochtones, si on la considère de ce point de vue, « n’est pas un signe de ” perte culturelle ” ; son invisibilité et sa subordination sont plutôt le résultat de processus de colonisation toujours en cours. »

Sur l’ensemble du territoire des Amériques, la jeunesse LGBTTIQ issue de communautés autochtones est confrontée à d’énormes défis : la non acceptation, le risque d’expulsion de leur communauté, une vie de clandestinité sexuelle, le harcèlement subreptice et les violations silencieuses de leurs droits, et l’émigration vers les zones urbaines. Bon nombre de ces personnes sont encore adolescentes lorsqu’elles abandonnent leur communauté, et finiront probablement par travailler dans l’industrie du sexe pour survivre. Elles sont donc aussi confrontées à des discriminations intersectionnelles. Selon la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH), les communautés autochtones se voient « comme des unités collectives où chaque personne considère sa survie spirituelle et culturelle individuelle comme dépendant du maintien de sa connexion avec l’identité collective de la communauté et de ses terres ancestrales. » C’est de leurs terres communautaires qu’elles retirent leurnourriture et autres ressources naturelles essentielles à leur subsistance. Par conséquent, les personnes LGBTTIQ qui sont rejetées par leur communauté, ou celles qui prennent l’initiative d’abandonner leurs terres ancestrales, ressentent souvent une profonde perte d’identité. Cependant, quelques garçons et filles LGBTTIQ issus des peuples autochtones refusent d’accepter cette situation et s’efforcent d’ouvrir les esprits de leurs aînés et aînées. Ces jeunes autochtones LGBT(TIQ) sont doublement contestataires en contrevenant aux normes à la fois ethniques et sexuelles.

ROMPRE LE CYCLE: UNE PRODUCTION ALIMENTAIRE ARC-EN-CIEL

Dans les zones rurales, particulièrement dans l’agriculture, la discrimination fondée sur le genre est une réalité indéniable. La production d’aliments est inséparable de « la nature » et de ce qui est perçu comme étant « des conditions naturelles ». Une division dichotomique de la société basée sur un modèle binaire de genre (femme et homme) est donc fréquemment reproduite, prédéfinissant par conséquent – en fonction de la constitution biologique de leur corps – les tâches à exécuter et les rôles à jouer pour chaque personne. Même les discours féministes progressistes émanant du mouvement pour la souveraineté alimentaire tendent à stéréotyper les rôles des hommes et des femmes en agriculture, perpétuant ainsi une vision binaire des genres. En outre, ce mouvement a fonctionné jusqu’ici sur base d’un concept de la « nature » qui est construit pour étayer un discours et un ordre social hétéronormatif et patriarcal.

Du point de vue « queer », il s’agit d’une instrumentalisation de « la nature » pour la faire correspondre à la vision hégémonique binaire des genres. Il est grand temps d’ajouter une approche féministe queer à l’agenda de la souveraineté alimentaire et de renforcer l’approche critique du mouvement.Les cas décrits ci-après témoignent de la façon dont des personnes LGBTTIQ militantes en milieu rural et issues de trois continents différents élaborent activement des stratégies pour élargir cette vision et combattre ainsi la norme patriarcale hétérosexuelle dans les milieux agricoles.

L’exploitation familiale féministe Land Dyke est une ferme communautaire située à Taiwan. Elle incarne une nouvelle compréhension du concept de la famille. Tout en favorisant la biodiversité grâce à l’agroécologie, cette exploitation mène à bien des actions de sensibilisation aux questions de genre au travers des pratiques agricoles. Elle produit du riz et des légumes tout en cherchant à établir « une coopération égalitaire entre la terre et les personnes, qu’elles soient employées pour la travailler ou qu’elles soient propriétaires d’exploitations, qu’elles soient issues de la migration ou appartiennent à la population locale, et entre les villes et les villages ». Par ce biais, cette exploitation « crée une famille fondée sur la force collective qui propulse la société vers le changement et non pas établie en raison d’un patrimoine privé, de liens de sang et de stéréotypes de genre. » Land Dyke n’est pas le seul exemple de ce type ; des initiatives similaires existent partout dans le monde. A l’occasion de l’année de l’inauguration de la Décennie des Nations Unies pour l’agriculture familiale (2019), ce type d’expériences peut nous inspirer et nous inviter à repenser la structure de l’agriculture et des exploitations et à redéfinir le concept de la famille. En effet, l’exploitation familiale ne doit pas nécessairement être associée à un modèle monolithique hétéronormatif et paternaliste; elle peut

être envisagée comme une entité plurielle, qui tienne compte non seulement des familles LGBTTIQ, mais aussi des membres de toutes les familles ou structures familiales qui ne rentrent pas dans le modèle traditionnel de « la famille ».

La Coordination européenne Vía Campesina (ECVC) a également entrepris de changer les schémas sociaux patriarcaux dans le secteur agricole en Europe et parmi ses membres. En 2018, elle a organisé son premier Forum LGBTIQ pour mettre en évidence le fait que mettre fin à la discrimination fondée sur le genre et la sexualité n’est pas moins important que des prix justes pour les produits agricoles ou pour la terre. Au contraire, les droits des personnes LGBTTIQ font aussi partie du combat pour la justice et la dignité. La sexualité, l’affection et l’émotivité sont des caractéristiques intrinsèques de personnes fortes qui s’efforcent de mener un combat commun pour une société juste où la souveraineté alimentaire est une réalité bien concrète. Dans un contexte où le système et l’économie du monde paysan ont été décimés par les machines, les produits agrochimiques et l’agro-industrie, il est essentiel d’intégrer de nouvelles parties prenantes qui soient prêtes à reconstruire un système agricole humain, fondé sur la nature, quelles que soient leur orientation sexuelle et leur identité de genre.

Au niveau national, le Brésil est un exemple de résistance qui va plus loin encore. Le gouvernement de droite élu il y a peu continue à s’attaquer ouvertement aux politiques existantes de soutien aux minorités altersexuelles et ethnoraciales, et inciter à la haine sociale à l’encontre des personnes LGBTTIQ. Le Brésil a un des taux de meurtres motivés par l’homophobie, la lesbophobie et la transphobie parmi les plus élevés au monde. En 2017, 445 meurtres de ce type ont été perpétrés ; en 2018, ce chiffre est de 420. Pourtant, les communautés rurales LGBTTIQ continuent à se battre pour être reconnues et à défendre les droits qu’elles ont acquis. Le Mouvement des sans-terre (MST) est l’une des organisations engagées dans ce processus, dans un contexte où le patriarcat rural normalise les schémas hétérosexuels. Au travers des formations politiques, des dialogues avec des mouvements LGBTTIQ, ainsi que des interventions culturelles et politiques, l’engagement permanent de l’organisation dans la défense de cette cause a non seulement contribué à l’autonomisation des personnes LGBT sans terre, mais aussi à l’intensification des deux combats : celui de la réforme agraire et celui des droits des LGBTTIQ.

L’UNION FAIT LA FORCE : UNISSEZ-VOUS , CHANGEZ LES CHOSES !

Pour toutes les raisons déjà décrites dans cet article, l’identité sexuelle ne peut pas être vue de manière isolée, ou simplement comme un problème privé qui ne touche que les personnes LGBTTIQ elles mêmes. La sexualité joue un rôle clé dans le développement physique et mental des êtres humains et influence leurs relations avec les autres, avec leur environnement et leur contexte socio-économique. Les discriminations politiques, économiques et sociales auxquelles ces personnes sont confrontées ont un impact considérable sur leur capacité d’accès à une alimentation adéquate (culturellement acceptable) et nutritive. C’est l’une des conséquences de l’ordre systémique hétéronormatif et patriarcal dans lequel nous sommes immergés.

Alors que la situation de vulnérabilité décrite précédemment en détail démontre clairement comment la discrimination fondée sur le genre et aggravée par l’intersectionnalité peut mener à l’insécurité alimentaire, d’autres cas sont révélateurs d’une résistance bien réelle. Les personnes LGBTTIQ s’organisent pour obtenir visibilité, reconnaissance et égalité, pas seulement au sein de leurs communautés et de leurs mouvements, mais aussi globalement dans la société. En outre, tout comme leurs collègues hétéronormatifs, les personnes LGBTTIQ actives dans le secteur agricole contribuent à la production locale d’aliments et plusieurs d’entre elles sont résolument engagées dans la lutte pour la souveraineté alimentaire. Leur bataille pour conquérir la visibilité et l’acceptation, et pour garantir le respect de leurs droits humains, doit dépasser la sphère privée. Elle doit devenir un combat collectif en faveur de la dignité et de la solidarité, en particulier parce qu’il s’agit par ailleurs d’un combat pour la défense du droit à l’alimentation et à la nutrition de tous les êtres humains qui dépendent des aliments produits avec leurs mains et leur cœur.

Le néofascisme est actuellement une menace pour les démocraties, pour les minorités et pour les droits humains dans le monde entier. Or, le combat mené pour remettre en question les normes de genre, obtenir l’autonomie corporelle et renver ser les structures patriarcales (et racistes et coloniales associées) peut à son tour devenir une menace pour les élites conservatrices. Les secteurs progressistes doivent s’unir et élaborer des stratégies collectives portant sur l’égalité de genre et ethnique, les droits à la terre, le logement et la souveraineté alimentaire, sans jamais oublier la mise en œuvre de l’article 1 de la Déclaration universelle des droits de l’homme : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits ». Le temps n’est plus à la division mais à l’union : nous, les défenseurs de la justice sociale et des droits humains, LGBTTIQ ou hétérosexuels, nous devons nous tenir les coudes et travailler en partenariat ; nous devons être solidaires et audacieux.

EN BREF

Cet article analyse la manière dont les droits des personnes LGBTTIQ sont largement passés sous silence par le mouvement global de défense des droits humains, ainsi que dans le cadre du combat pour la souveraineté alimentaire et pour le droit à une alimentation adéquate et à la nutrition. Il montre que, même en plaidant pour un agenda féministe dans le système de production alimentaire, le mouvement pour la souveraineté alimentaire basée sur les droits n’est pas épargné par la reproduction des schémas sexistes – renforçant par là même le patriarcat. L’auteure affirme que la marginalisation des personnes LGBTTIQ dans ces luttes est révélatrice des multiples formes de discrimination auxquelles elles sont confrontées de par leurs identités et expériences multiples et entrecroisées (race, classe sociale, identité de genre, orientation sexuelle).

Son objectif est d’encourager un dialogue entre les mouvements féministes, féministes queer et ceux qui luttent pour la souveraineté alimentaire, afin de renforcer le potentiel de compréhension mutuelle et de collaboration entre ces mouvements. Finalement, l’auteure leur demande d’unir leurs forces et d’opter pour la convergence dans leur combat collectif pour la dignité humaine et les droits fondamentaux dans les différents secteurs du système alimentaire.

Cet article de Paula Gioia, apicultrice allemande et membre du Comité international de coordination de La Via Campesina, est paru pour la première fois avec des notes de bas de page et des références complètes dans la nouvelle publication Women’s Power in Food Struggles, Numéro : 11, 2019, par RIGHT TO FOOD AND NUTRITION WATCH.

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CONCEPTS CLÉS

  • Dans le monde entier, les personnes LGBTTIQ subissent marginalisation et négation de leurs droits humains, les condamnant en grand nombre à l’exclusion sociale. Leur droit à l’alimentation, au logement et à la vie ne sont pas garantis.
    Bien qu’il défende un agenda féministe, le mouvement pour la souveraineté alimentaire reproduit les schémas sexistes et les tensions sociales liées à la race, au genre, à la classe sociale et à la dynamique Nord-Sud.
  • Le combat pour les droits des personnes LGBTTIQ est largement passé sous silence dans le mouvement global de défense des droits humains et dans la lutte pour la souveraineté alimentaire et le droit fondamental à une alimentation adéquate et à la nutrition.
    Dans l’agriculture, la discrimination de genre est une réalité et la production alimentaire est souvent fortement corrélée à une interprétation binaire de la “nature”. Cependant, ce concept de “nature” a été construit pour étayer un ordre social et un discours hétéronormatifs et patriarcaux.
  • La discrimination à laquelle les personnes LGBTTIQ sont confrontées ne doit pas être considérée comme un problème d’ordre privé. La discrimination politique, économique et sociale subie par ces personnes a un impact considérable sur leur capacité d’accès à une alimentation adéquate, culturellement acceptable et nutritive.
  • Les secteurs progressistes doivent s’unir pour remettre en question les normes de genre, conquérir l’autonomie corporelle et renverser les structures patriarcales tout en développant des stratégies collectives visant à garantir l’égalité entre les genres et les ethnies, les droits à la terre, le logement ainsi que la souveraineté alimentaire.

MOTS CLÉS

  • LGBTTIQ
  • Diversité de genre
  • Égalité entre les genres et droits des femmes
  • Souveraineté alimentaire
  • Systèmes alimentaires
  • Protection sociale
  • Peuples autochtones
  • Insécurité alimentaire urbaine

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