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Brésil : Deuxième séminaire sur la diversité sexuelle et de genre

Les membres de La Via Campesina au Brésil ont tenu leur deuxième séminaire sur la diversité sexuelle et de genre du 3 au 6 novembre 2022.

Le séminaire ~ LGBTI+ Via Campesina : donner de la couleur aux territoires, semer la fierté et la résistance ! ~ s’est tenu à l’École nationale Florestan Fernandes (ENFF). Près de 70 militant·es latino-américain·nes issu·es de mouvements sociaux brésiliens, mexicains, nicaraguayens, colombiens, péruviens, paraguayens et argentins y ont participé.

L’événement visait à encourager le débat sur la vie et les perspectives des populations LGBTI+ en se basant sur les luttes vécues par les personnes issues des terres rurales, des forêts et des des terres en eau, ainsi que sur la défense faite par La Via Campesina des territoires, des terres, des terres en eau, des cultures, du féminisme paysan populaire et de la diversité sexuelle et de genre. L’objectif était de réfléchir à la manière dont ces agendas sont liés tout en renforçant le pouvoir des personnes LGBTI+ dans leurs territoires en lien avec les luttes rurales.

Ce fut également l’occasion d’échanger des expériences et d’esquisser des stratégies au niveau continental – un processus favorisé par une forte participation des pays d’Amérique latine. Les militant·es participant·es à ce processus d’organisation collective de La Via Campesina attendent du mouvement qu’il inclue les agendas LGBTI+ parmi les éléments de la lutte politique paysanne. Le séminaire a produit un document destiné à La Via Campesina Internacional et à la Coordination latino-américaine des organisations paysannes (CLOC-Via).

« Nous affirmons les agendas de diversité sexuelle et de genre au sein de ces organisations, qui rassemblent des centaines de mouvements populaires d’un large éventail de pays », a déclaré Alessandro Mariano de la direction nationale du Mouvement des travailleurs sans terre (MST) du Brésil. « Les populations rurales sont également diverses – ethnicité, race, orientation sexuelle et identité de genre. En d’autres termes, La Via Campesina accueille la diversité sociale, à l’image de la diversité des aliments sains qu’elle produit. »

Selon Mariano, « nous mettons fin à un cycle ayant débuté avec l’élection de Bolsonaro, au cours duquel la violence envers les personnes LGBTI+ avait augmenté dans les zones rurales. Au moins six militant·es paysan·nes LGBTI+ ont été assassiné·es parmi des dizaines de victimes. Ceux-ci se battent contre les multinationales de l’agrobusiness, des compagnies minières et les géants de l’eau, ainsi que contre la LGBTI-phobie, le machisme, le patriarcat et toutes les autres formes d’oppression et de violence. »

L’événement comprenait des slams artistiques, des tables rondes et des conférences données par des personnalités de la communauté LGBTI+, telles que la drag queen et influenceuse sur les réseaux sociaux Rita von Hunty, la présidente de l’Association brésilienne des lesbiennes, gays, travestis, transsexuels et transgenres (ABLGT) Simmy Larrat, Beto de Jesus, représentant la branche brésilienne de la Fondation pour la santé du sida (AHF), Cony Gonzales, membre de Conamuri/LVC au Paraguay, et Gahela Tseneg, de l’organisation péruvienne Cari.

Des militant·es LGBTI+ de plusieurs mouvements populaires ont également participé au séminaire, tels que le Réseau des peuples autochtones du Brésil (APIB), le Réseau national de coordination des communautés rurales noires quilombos (CONAQ), le MST, le Mouvement des personnes affectées par les barrages (MAB), le Mouvement des petits agriculteurs (MPA), la Commission pastorale de la terre (CPT), le Ministère de la jeunesse rurale (PJR), le Mouvement des femmes paysannes (MMC) et le Mouvement pour la souveraineté populaire dans les mines (MAM).

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