Colombie : Appel à la vie, à la démocratie et à la paix !

(Harare, 7 mai 2021) Depuis La Via Campesina international, nous nous solidarisons avec les luttes et les manifestations du peuple colombien qui ont eu lieu dans le cadre de la GRÈVE NATIONALE qui a débuté le 28 avril et se poursuit encore aujourd’hui.

Les démonstrations déclenchées contre une proposition de réforme fiscale liée à la pandémie sont devenues une manifestation nationale contre l’augmentation de la pauvreté, du chômage, l’échec de la mise en œuvre de l’accord de paix et l’aggravation de la violence qui s’exprime par l’augmentation des massacres, des disparitions forcées, des déplacements et l’assassinat de 1167 leaders sociaux depuis la signature des accords de paix.
Le peuple colombien exprime son indignation face aux injustices historiques et réitère les demandes exprimées depuis des années : PAIX, VIE, TRAVAIL et TERRE ; il proteste contre la mauvaise gestion du gouvernement d’Ivan Duque durant la pandémie, privilégiant les intérêts économiques et méprisant la vie des humbles Colombien⋅ne⋅s. Nous exprimons notre solidarité avec le peuple colombien qui exerce aujourd’hui son droit légitime de protester, et en particulier avec les organisations paysannes, indigènes et afro-descendantes qui se mobilisent depuis les territoires les plus touchés par la violence pour défendre la vie, la terre et le territoire. Nous ratifions notre répudiation de la violence exercée par l’État et sa police qui criminalisent le mouvement populaire, les agents de l’État qui tuent, violent, font disparaître et détiennent illégalement les manifestant⋅e⋅s.

Aujourd’hui, la violence d’État en Colombie se traduit par l’assassinat de 37 manifestants, 831 détentions arbitraires, 222 cas de violence physique, 22 victimes blessées aux yeux, 10 victimes de violence sexuelle par les forces de sécurité et 86 personnes disparues dans le cadre de la Grève nationale.
Nous exigeons du gouvernement d’Iván Duque :

– un cessez-le-feu immédiat contre celles et ceux qui manifestent ;

– des garanties pour l’exercice du droit de manifestation et de mobilisation sociale ;

– la libération immédiate des personnes détenues pour des raisons politiques ;

– enquête et condamnation des meurtriers et des violeurs ;

– la construction d’un dialogue avec la population ;

– la mise en œuvre des accords de paix.

Nous appelons la communauté internationale et les organisations des droits de l’homme à exiger que les mesures nécessaires soient prises pour mettre fin à la violence et avancer dans la construction de la paix.

Nous appelons les organisations qui font partie de La Via Campesina et les organisations alliées à exprimer notre rejet et notre solidarité, à prendre conscience de la situation et à renforcer notre unité et notre lutte.

MONDIALISONS LA LUTTE ET L’ESPOIR !

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