Chili : ANAMURI SE PRONONCE FACE À LA TRAGÉDIE DES INCENDIES À VALPARAÍSO

Déclaration de l’Asociación Nacional de Mujeres Rurales e Indígenas | Chili, 04 février 2024


ANAMURI exprime sa profonde préoccupation devant la tragédie qui s’est déroulée au cours des trois derniers jours dans la région de Valparaíso. Nous sommes consternées par les incendies qui ont durement touché des milliers de familles laborieuses qui, avec beaucoup d’efforts, ont construit leurs foyers.

Il est temps aujourd’hui de mettre un terme à la destruction et à l’horreur causées par un modèle de production cruel et insoutenable, marqué par la monoculture forestière et les agissements sans scrupules des promoteurs immobiliers. Ces incendies ont dévasté de manière incontrôlable plus de 500 000 hectares, engloutissant des villages entiers, des maisons, des cultures, des animaux, une végétation native, des véhicules, des outils, tout en entraînant la mort ou l’hospitalisation de centaines de personnes. Des milliers de femmes, aux côtés de leurs familles, ont tout perdu, tandis que des milliers d’autres ont vécu dans l’angoisse et l’incertitude pendant des semaines à cause de ces incendies. Nos pensées et nos sympathies vont à toutes les camarades et à leurs familles qui ont vu leur vie et leur travail cruellement perturbés par ces événements.

Aujourd’hui, plus que jamais, nous devons déployer une solidarité immédiate envers ceux et celles qui ont été le plus durement touchés par ces incendies. Il est également crucial de continuer à œuvrer en faveur de la récupération du droit à la terre, du droit à l’agriculture paysanne et autochtone sur l’ensemble du territoire, afin d’assurer une alimentation souveraine et de qualité. Il est grand temps de valoriser la terre pour qu’elle remplisse sa fonction sociale de nourrir le peuple, et non pas pour servir les intérêts des entreprises.

Nous exigeons du gouvernement chilien et des politiciens des mesures d’atténuation concrètes, ainsi que l’approbation immédiate de la loi interdisant la construction sur les sols incendiés, une loi qui sommeille au Congrès depuis 2021. Nous appelons également à poursuivre la lutte contre les monocultures et les différentes formes d’extractivisme. Il est nécessaire de promouvoir un État qui place l’agriculture paysanne et autochtone au cœur des politiques productives, visant à garantir le droit à l’alimentation pour tou·tes, jusqu’à la réalisation d’une véritable souveraineté alimentaire à l’échelle nationale. Afin que jamais plus les forêts natives, les habitations et les familles ne succombent aux flammes des promoteurs immobiliers, des constructeurs et des entrepreneurs.

Nous persévérerons dans notre lutte pour la défense des droits des femmes travailleuses et productrices ! Nous persévérerons dans notre lutte pour la défense de l’agriculture paysanne, du droit à l’alimentation et de la souveraineté alimentaire ! Nous persévérerons dans notre lutte contre les monocultures, forestières et les agissements terrifiants des promoteurs immobiliers !