Zelaya arrive au Honduras

21 Septembre 2009

Au terme des 86 jours de lutte et de résistance héroïque du peuple du Honduras contre le coup d’état militaire, la chute du régime putschiste commence aujourd’hui avec l’arrivée à Tegucigalpa du président Zelaya déposé par les militaires. De tous les recoins du pays, une énorme mobilisation populaire  a commencé à gagner la capitale pour accueillir le Président Zelaya, pour exiger son retour à la présidence et pour mettre fin au régime putschiste dirigé par Roberto Micheletti.

Très tôt ce matin, dès que la nouvelle du retour du président s’est rependue, des milliers d’Honduriens se sont rassemblés, devant le siège des Nations Unies, pour marcher ensuite vers l’ambassade du Brésil pour accueillir Zelaya. Là, le président Zelaya a reçu une commission du Front National de Résistance conte le Coup d’État.

Les putschistes ont immédiatement mobilisé des milliers de soldats et d’officiers de la Police Nationale pour menacer et essayer d’endiguer l’irrépressible vague d’Honduriens qui criaient “Oui on a pu! Oui on a pu!” Les agressions et les intimidations des forces miliaires du régime n’ont pu, au cours de la journée, ni effrayer ni décourager cette démonstration pacifique mais militante et disposée à résister. C’est alors que le régime a décrété l’état de siège à partir de 4h de l’après-midi et que Micheletti a publiquement annoncé à la population une forte répression.

Mais personne ne peut plus retenir ce peuple courageux.

Malgré les moyens violents de la répression adoptés par le régime putschiste de Micheletti, avec des morts, des blessés. des emprisonnements et des disparus, la population s’est constituée en Front National de Résistance contre le Coup d’État. Marches, barrages, événements culturels de protestation et concentrations de masses n’ont pas cessé et bien au contraire, elles se sont généralisées à travers tout le pays opposé au coup d’état. Dès le début la résistance a établi très clairement ses objectifs:

1. La restauration de la présidence légitime de Zelaya.

2. La célébration d’une Assemblée Constituante

3. Réformer la Constitution pour construire une vraie démocratie populaire et souveraine.

C’est maintenant que commence la construction de la démocratie populaire. Des milliers d’ouvriers, de paysans, de femmes, d’indigènes, de descendants d’Africains, de maîtres d’école, d’étudiants, de défenseurs des Droits Humains et de citoyens sont mobilisés pour cela depuis le Dimanche 28 juin, date à laquelle les militaires ont déposé le président Zelaya et l’ont déporté au Costa Rica pour installer à sa place un président usurpateur.

En revanche, nous entrons dans l’étape la plus dure de la lutte. Le régime putschiste, acculé par la lutte populaire, pourrait avoir recours à une répression sanglante pour s’accaparer définitivement le pouvoir. Les prochains jours seront les plus difficiles pour la lutte de la résistance.

Pour ce qui précède, Vía Campesina lance un appel urgent aux organisations membres, aux mouvements sociaux alliés, ainsi qu’à tous les peuples du monde pour être en alerte rouge. Nous appelons à ce que la solidarité internationale la plus large possible se déploie pour arrêter toute tentative de répression tragique contre le peuple du Honduras et les dirigeants du Front National de Résistance contre le Coup d’État. Il faut garantir la fin imminente du coup d’état. Nous demandons la constitution de missions internationales pour accompagner le peuple Hondurien au cours des prochains jours. Ces missions doivent demander à leurs gouvernements respectifs d’agir maintenant pour mettre fin au régime putschiste et permettre de recueillir des fonds destinés à soutenir économiquement la lutte du peuple du Honduras.

GLOBALISONS LA LUTTE, GLOBALISONS L’ESPOIR!

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