Quand la souveraineté alimentaire avance sur un coin du globe, c’est l’ensemble de notre mouvement qui avance.

Texte de soutien de la Via Campesina

(Harare, le 21 mars 2016) Il y a quasiment 10 ans, plus de 500 représentants de plus de 80 pays, d’organisations de paysans, de pêcheurs traditionnels, de peuples autochtones, de peuples sans terre, de travailleurs ruraux, de migrants, d’éleveurs nomades, de communautés habitant les forêts, de femmes, de jeunes, de consommateurs, de mouvements écologistes et urbains, se sont réunis dans le village de Nyéléni à Sélingué, au Mali. Ils ont produit alors, la déclaration de Nyéléni qui reposait clairement les principes de la souveraineté alimentaire et mettait en avant l’importance pour tous de travailler pour que la « souveraineté alimentaire soit considérée comme un droit humain fondamental, reconnu et respecté par les communautés, les peuples, les états et les organes internationaux ».

Les années qui ont suivi le forum de Nyéléni, ont vu fleurir des initiatives en faveur de la reconnaissance de la souveraineté alimentaire à différents niveaux. Mais il est très difficile de parvenir à ce que les textes officiels ne dévoient pas la souveraineté alimentaire de son sens exact.

Pour cette raison, La Via Campesina salue avec enthousiasme l’initiative portée par deux de ses membres, Uniterre et l’Autre syndicat, qui avec le soutien d’une large alliance pour la souveraineté alimentaire sont parvenus à récolter suffisamment de signatures des citoyens suisses pour qu’une votation puisse être proposée à l’ensemble de la population suisse. Cette votation, qui aura lieu dans les 3 années à venir, a pour objectif d’introduire un article sur la souveraineté alimentaire dans la constitution suisse. Il s’agit d’un événement extrêmement important car si suffisamment de Suisses votent en faveur de cet amendement, la Suisse serait le premier pays de l’hémisphère Nord à devoir modifier sa constitution et donc à terme sa politique agricole pour aller dans le sens d’une agriculture paysanne de proximité, un commerce international plus équitable et une agriculture à l’écoute de la population et respectueuse des autres régions. L’enjeu est de taille car il s’agit de parvenir à inscrire cette fois la souveraineté alimentaire en prenant en compte toutes ses dimensions.

C’est une longue campagne de sensibilisation qui s’annonce pour Uniterre, L’Autre syndicat et l’ensemble de l’alliance pour la souveraineté alimentaire. En tant que mouvement international, La Via Campesina suivra de près les avancées de cette initiative et lui apportera tout son soutien. Quand la souveraineté alimentaire avance sur un coin du globe, c’est l’ensemble de notre mouvement qui avance.

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