Les politiques laitières européennes nous étouffent

(Bruxelles, le 2 juin 2016) Mercredi 1er juin dernier, lors de l’audience publique de la Commission de l’Agriculture du Parlement Européen, la voix des petits-es et moyens-nes producteurs-trices européens-nes s’est fait entendre dans le cadre de l’audience, convoquée en urgence, sur les mesures exceptionnelles prises afin de limiter la production de lait. La porte parole de ces voix en cette occasion était Isabel Villalba, Secrétaire Générale du Syndicat Agricole Galicien. Elle a mis en évidence les échecs de la politique agricole de l’Union Européenne, et notamment la suppression du système de quotas et du «Paquet Lait». 

Isabel Villalba a parlé au nom de la Coordination Européenne Via Campesina. Lors de son allocution, elle a insisté sur la constante chute des prix du lait et, à ce jour, de l’échec total des mesures prises par l’Union Européenne (UE) pour enrayer la crise. Dans certains pays comme l’Irlande, la Belgique, la Hongrie et la Pologne, les prix ont chuté jusqu’à 20%. Depuis que les mesures de réductions volontaires ont été annoncées, « aucune volonté de les mettre en œuvre ne s’est fait sentir », a-t-elle indiqué. « La majorité des pays de l’UE ne veulent pas s’engager sur des encouragements économiques, tout comme les industries réunies sous une quelconque bannière interprofessionnelle.»

Isabel Villalba a fait remarquer que le peu qu’il restait de politique globale cohérente européenne a été remplacé par une guerre d’intérêt entre les états. Elle a également souligné que cette situation oblige les producteurs et productrices à rentrer en concurrence les uns-es avec les autres et conduit à la destruction des emplois et du milieu rural en général: pour le seul dernier trimestre de l’année 2014, 900 fermes laitières ont disparu en Galice.

Considérant que le problème provient de la surproduction et des excédents, il est crucial de promouvoir une réduction générale et obligatoire de la production, en plus d’encourager un modèle résistant basé sur des fourrages produit dans les fermes elles-mêmes et plus résistant à la volatilité des prix. D’autre part, il est nécessaire de fixer un prix minimum qui couvre les coûts de production et rémunère le travail des producteurs et productrices, a conclu la représentante de la Coordination Européenne Via Campesina (ECVC). 

De surcroît, l’eurodéputée d’Alternativa Galega, Lídia Senra, présente à l’audience, a déploré, lors de son intervention, les réactions de la Commission et du Conseil Européen face à la crise des producteurs et productrices laitiers-ères ; ces deux instances, malgré les longues enquêtes réalisées, n’ont pas été capables de prévoir l’excès de production de lait, et ce alors même que des organisations comme ECVC leur ont constamment répété l’existence de cette menace.

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