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Les femmes de LVC en Afrique de l’Ouest et du Centre se rencontrent au Togo

Les femmes de La Via Campesina en Afrique de l’Ouest et du Centre se sont données rendez-vous à Kpalimé, au Togo, les 24 et 25 octobre 2018 afin de débattre des situations vécues, des faiblesses et forces de leur mouvement et tracer des actions à entreprendre les prochaines d’années pour apporter des solutions globales et efficaces aux problèmes des femmes paysannes.

Les discussions ont invoqué le contexte qui pèse sur les femmes rurales de la région et du monde. Les paysans et paysannes, les peuples autochtones, les travailleurs et travailleuses agricoles, les sans terre, les hommes et femmes pratiquant la pêche artisanale, les consommateurs et consommatrices, les femmes et les jeunes sont confrontés à des défis majeurs. Les populations ressentent toujours plus l’imposition croissante de modèles financiers et de marché sur les moindres aspects de leur vie. La soumission aux intérêts du capital a entraîné une accélération de l’extractivisme (recouvrant l’agriculture, l’élevage et la pêche industriels, l’exploitation minière à grande échelle, les mégaprojets comme les barrages hydroélectriques, les champs de panneaux solaires à grande échelle, le tourisme et les projets d’infrastructure) et de l’accaparement massif des territoires ainsi que du changement de l’affectation des sols. Ces réalités sont particulièrement accentuées en Afrique où plus de 30 millions d’hectares de terres sont convoitées.

Pour autant, les luttes se sont renforcées à l’échelle locale et internationale et une multitude d’expériences et de mouvements de résistance ont réussi. Les processus portés par La Via Campesina, en tant que mouvement social international, ont permis, à travers l’échange d’expériences entre organisations et mouvements sociaux, de consolider les luttes menées par ces derniers, d’approfondir l’analyse de ces politiques ainsi que leurs mécanismes, et de développer des propositions et des projets collectifs. Toutes ces luttes sont menées avec les femmes, qui ont un rôle central dans la Via Campesina. Le mouvement défend leurs droits et l’égalité des genres. Il lutte aussi contre toute formes de violence leur égard.

Les participantes venues du Mali, du Niger, du Sénégal, du Congo Brazzaville, du Burkina Faso, du Togo et du Ghana, ont échangé sur les situations et les expériences de lutte des femmes dans leurs pays respectifs, et dressé un bilan des forces et faiblesses de l’articulation des femmes de La Via Campesina dans la région.

Un plan d’action régional sur deux ans a été élaboré lors de la rencontre, ayant pour résultats notamment le renforcement des capacités des femmes de la région sur la base de documents communs du mouvement paysan en Afrique de l’Ouest (le manifeste de agroécologie paysanne de Nyéleni, le livret vert de la CGLTES et divers textes juridiques) et sur des aspects économiques l’activité paysannes des femmes (accès aux marchés locaux, calcul de coûts, identification des produits agroécologiques etc..)

Le plan d’action comprend également des aspects importants liés à la préservation des savoirs et à la lutte contre les violences faites aux femmes et pour le féminisme populaire paysan. Au terme de la rencontre, les participantes ont émis une série de recommandations à l’endroit des gouvernements et des organisations membres du mouvement paysan. Des mécanismes de suivi et d’évaluation sont également mis en place afin d’assurer la bonne réalisation du plan d’action.

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