Le mouvement paysan mondial se réunit à Bogotá pour affirmer “nous défendons la vie, non seulement des paysan·nes,mais aussi de la planète entière”

Du 1er au 8 décembre, La Via Campesina organise sa 8e Conférence dans un contexte marqué par de multiples crises auxquelles le monde est actuellement confronté. Parallèlement, elle célèbre ses 30 années d’existence, et ses propositions en faveur de la Souveraineté Alimentaire et de l’Agroécologie Paysanne sont plus pertinentes que jamais dans un monde en proie à la faim, aux conflits et à une crise environnementale.


(Bogotá, Colombie, 29 novembre 2022)
La Via Campesina est actuellement le mouvement paysan le plus représentatif à l’échelle mondiale, regroupant 182 organisations nationales réparties dans 82 pays du monde entier. Ce mouvement englobe ainsi les pêcheur·euses, les paysan·nes, les migrant·es, les travailleur·euses agricoles, les peuples autochtones et les pêcheur·euses. En d’autres termes, il rassemble toute la diversité des populations rurales, qui garantissent la Souveraineté Alimentaire et constituent le principal front de résistance face à l’extractivisme et à l’agrobusiness, en opposition aux intérêts du capital prédateur en Afrique, en Amérique, en Europe et en Asie. De plus, dans ce contexte, La Via Campesina construit une solidarité internationale, lutte pour la paix et défend la démocratie au milieu de crises politiques et de conflits armés.

Plus de 500 délégué·es d’organisations membres se réunissent du 1er au 8 décembre à Bogotá, en Colombie, dans le but d’analyser et de comprendre les événements mondiaux, ainsi que de planifier des actions d’unité et de mobilisation pour la prochaine période.

Au cours de ces 30 années d’articulation et de mobilisation, La Via Campesina a réussi à unir la paysannerie du Nord et du Sud global dans la défense de droits fondamentaux tels que la terre et les semences paysannes. Ceci a été réalisé contre la criminalisation et les politiques mondiales de l’Organisation Mondiale du Commerce, du Fonds Monétaire International, des Accords de Libre-Échange et du pouvoir des grandes entreprises, menaçant les moyens de subsistance des peuples, des paysan·nes et la vie sur la planète.

La Via Campesina présente des propositions concrètes pour la lutte en faveur de la justice sociale et environnementale, contre les violences, la pauvreté et la faim. Représentant 70% de la production alimentaire mondiale, la paysannerie promeut des pratiques agro-écologiques et résilientes. Elle a également joué un rôle de premier plan dans des jalons significatifs, comme l’approbation de la Déclaration sur les Droits des Paysan·nes. Cette approbation a été le résultat de plus de 17 ans de lutte collective aux Nations Unies et vise à orienter les politiques publiques dans les pays pour garantir les droits de ceux qui produisent une alimentation saine pour la population. Cependant, elle met également en garde contre les revers politiques à l’échelle mondiale, l’avancée de l’autoritarisme de droite et du conservatisme. Ces facteurs aggravent la situation des paysan·nes, appauvri·es et exploité·es par ces États et les sociétés multinationales.

Nury Martínez, de Fensuagro, organisation hôte de la conférence en Colombie, et membre de la Coordination Politique de La Via Campesina pour la Région Sud-Amérique, souligne l’importance de ces espaces pour analyser les crises mondiales, proposer des alternatives et renforcer les alliances : “Nous devons comprendre ce que signifie notre slogan central, car les piliers de la Souveraineté Alimentaire proposent des changements structurels dans les sociétés. Après 30 ans, nos initiatives doivent être plus vastes, allant au-delà du droit à l’alimentation ; elles doivent répondre aux défis auxquels l’humanité est confrontée aujourd’hui”, a-t-elle déclaré.

Les Conférences Internationales sont l’organe de décision, d’évaluation et de planification le plus important du mouvement. Elles ont eu lieu dans diverses parties du monde, comme en Belgique en 1993, au Mexique en 1998, en Inde en 2000, en Indonésie en 2013 et au Pays Basque en 2017. Dans le cadre de cette conférence, se tiendront également la 5e Assemblée des Jeunes, la 6e Assemblée des Femmes, la Rencontre des Diversités et la Rencontre des Hommes contre le patriarcat.

Dans ce contexte, la décision politique de tenir cette 8e Conférence de La Via Campesina en Colombie répond à l’engagement du mouvement en tant qu’observateur et garant du processus de paix, en particulier dans le cadre du point 1 relatif à la Réforme Agraire Intégrale. De plus, la récente reconnaissance des paysan·nes en tant que sujet de droit dans la constitution colombienne peut inspirer d’autres gouvernements et États à renforcer des politiques publiques garantissant des droits fondamentaux pour une vie digne à la campagne.

Contact presse : press@viacampesina.org +57 32 19627937

Kit de presse et liste des porte-parole : https://viacampesina.org/es/kit-de-prensa-8va-conferencia-internacional-de-la-via-campesina/

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