João Pedro Stédile, Brésil s’adresse à la presse

"Bonjour, compagnons et compagnes, qui êtes venus participer aux activités de la Via Campesina. Pour nous, c’est un honneur de vous recevoir et, d’une certaine manière, de commencer par cette activité les 10 prochains jours de réunions et de groupes de travail jusqu’à dimanche, le 20, jour où nous serons tous réunis dans un assentamento Sans Terre pour célébrer ensemble les 20 ans du Mouvement. Je vous souhaite la bienvenue, au nom du Mouvement des Sans Terre et des autres mouvements qui font partie de la Via Campesina, ici au Brésil.  Il y a un groupe de femmes paysannes, MMC, le Mouvement des Petits Agriculteurs, le MPA, le Mouvement des Atteints par Barrages, MAB, et aussi la Commission Pastorale de la Terre, CPT, un Mouvement de l’église Chrétienne. Les compagnons de l’Equipe de Communication vont rendre disponibles à tous les moyens de communication du Brésil, de l’Amérique Latine et des autres continents, cette activité que nous sommes en train de réaliser aujourd’hui. J’aimerais vous dire, comme introduction, que pour nous cette Conférence est très importante, soit à cause du moment historique que vit le pays, avec les changements qu’il y a eu au gouvernement, soit par les défis que vit le continent latino-américain depuis ces 20 années de néolibéralisme qui ont beaucoup affectées l’agriculture, soit surtout parce que nous sommes en train d’affronter des défis très importants au niveau international, par rapport au contrôle que les grandes transnationales veulent avoir du commerce agricole et des aliments dans le monde entier.

Dans ce contexte, il est devenu très important que les mouvements paysans du monde entier parviennent à s’unir pendant cette semaine pour échanger des idées, visions et expériences pour, à partir d’ici, avoir une unité d’action pour affronter l’ennemi commun à tous nos peuples, le capital international, qui se présente à travers ses transnationales et ses oligopoles. Cette conférence est aussi importante parce qu’elle représente un nouveau pas dans l’histoire de la Via Campesina. Comme vous le savez tous, la Via Campesina est une articulation des plus importants mouvements paysans du monde entier, avec la participation de tous les continents.

Cela fait 10 ans que nous sommes dans un processus de construction d’une articulation des mouvements paysans qui luttent pour améliorer les conditions de vie des gens des campagnes. Et depuis la Ière Conférence en Europe, lorsque nous avons décidé du nom de la Via Campesina, jusqu’à aujourd’hui, nous avons l’idée de construire un processus d’articulation de tous ceux qui luttent dans les campagnes. Mais au lieu de penser à une organisation internationale bureaucratique et verticale, ce que nous voulons c’est articuler des processus sociaux de mouvements paysans.

De ce fait, en thermes historiques, il y a eu la Ière Conférence (1993), qui a soulevé le besoin d’une articulation. Ensuite, il y a eu la IIème Conférence, à Mexico, qui a représenté un espace très important pour élargir cette même articulation, pour que les gens se connaissent davantage. Cette conférence a été marquée par le massacre qui a supprimé la vie de 19 paysans ici au Brésil, à Eldorado dos Carajás (PA). C’est pourquoi dans cette même Conférence, la date du 17 avril a été choisie, pour être la Journée Internationale de la Lutte Paysanne. Depuis lors (1996), nous nous sommes organisés pour que tous les pays célèbrent cette date par des manifestations. Après, nous avons eu la IIIème Conférence en Inde (2000), qui a eu pour rôle de lancer les lignes politiques, les idées qui iraient nous unifier. Maintenant, ici au Brésil, nous voulons que cette IVème Conférence représente un saut de qualité.

Parce qu’au-delà de discuter les idées sur lesquelles nous sommes d’accord, nous espérons que ce sera aussi un espace d’articulation de luttes pour que nos paysans atteignent une unité mondiale et la force nécessaire pour affronter le capital international. Parce que pendant ces 20 dernières années, le néolibéralisme a fait qu’aujourd’hui, les transnationales qui exploitent les paysans de Corée, Inde, Philippines, Mexique, Brésil et autres, soient les mêmes. En plus, pour affronter le même ennemi commun, nous devons renforcer nos liens d’unité pour faire avancer nos luttes, nos actions et nos manifestations communes. Nous espérons également que pendant cette rencontre nous parvenions à échanger nos expériences pour savoir comment nos organisations peuvent-s’entre aider pour affronter, ensemble, les défis de l’organisation, de la formation des cadres, de la communication avec la société, etc. Je vous remercie d’être venus au Brésil, j’espère que tout se passera bien pour chacun d’entre nous et que nous parvenions, pendant ces 8 prochains jours, mieux nous connaître, construire nos liens comme lutteurs de nos peuples."

Cet article est disponible en