#17Avril au Kenia : le coronavirus aggrave la situation des paysan·ne·s

Le KPL Kangemi Cluster, en collaboration avec Tijitegemee et Haki Nawiri Africa, a organisé un événement local au barrage de Kangemi pour marquer la Journée internationale des luttes paysannes qui se tient chaque année le 17 avril.

L’événement de cette année a eu lieu sur fond de crise du Coronavirus.

Les membres ont discuté des défis auxquels les paysan·ne·s sont confronté·e·s en raison du coronavirus et ont également exploré les possibilités qui s’offrent à eux pour développer leur mode de vie.

La réunion a noté que la criminalisation du mode de vie des paysan·ne·s est de plus en plus répandue, avec notamment un cas où un marché animal à Awendo a été perturbé par la police, ce qui a entraîné plusieurs blessures et la perte de bétail. D’autres cas concernent la réduction des heures d’ouverture des marchés locaux, la destruction des biens des agriculteurs, l’adoption de règlements sans les intrants des paysan·ne·s, la fermeture d’établissements de santé publique en raison du coronavirus, qui expose les femmes à un fardeau plus lourd, car ce sont toujours elles qui s’occupent des enfants, et l’augmentation de la violence domestique. Parmi les autres défis à relever, figure la récente invasion de criquets pèlerins et les pluies prolongées dues au changement climatique qui ont entraîné une diminution des récoltes au cours de la dernière saison.

La réunion a condamné le FMI et la Banque mondiale pour avoir poussé les agriculteurs à obtenir des prêts pour cultiver des denrées alimentaires destinées à l’exportation, déclarant que cela aggravera la pénurie alimentaire déjà ressentie. La réunion a également critiqué les autorités agricoles pour avoir refusé d’acheter du maïs aux agriculteurs ayant opté pour l’importation, invoquant les conditions du FMI.

Au cours de la réunion, un échange de semences locales a été organisé : Tijitegemee et Haki Nawiri Africa ont reçu des graines de citrouille indigènes de Lilian Kagai de Kangemi Cluster, des grammes de Bengale d’Inde, des fruits de la passion indigènes de Mzee Okundi de Mulo Cluster, du Sukuma Wiki de Mama Margaret et de l’African Night Shade (Osuga) de mama Perez de Kangemi Cluster. Après les discussions, les membres ont été emmenés à une visite de la collection d’herbes par l’herboriste Kaingi de Tijitegemee.

La réunion a déclaré qu’elle plaidait pour la dépénalisation du mode de vie des paysan·ne·s, pour documenter les cas de violations visant les paysan·ne·s en vue de prendre des mesures législatives et judiciaires correctives, pour améliorer les semences et les banques alimentaires, y compris les échanges de semences et de denrées alimentaires, pour améliorer la production alimentaire en investissant dans les paysan·ne·s, pour améliorer les mesures d’hygiène des paysans au niveau des exploitations agricoles afin de prévenir le coronavirus, pour renforcer le commerce et l’économie alternatifs en distribuant directement les denrées alimentaires des agriculteurs aux consommateurs.

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