Forum spécial: La Via Campesina demande un changement des politiques de la FAO

Nouvelles de Rome

Une délégation de 25 membres de la Via Campesina, représentant tous les continents, est arrivée à Rome quelques jours avant le Forum spécial de la FAO qui eut lieu les 30 et 31 octobre 2006 derniers. Certains des participants se sont joints au Comité International de Planification pour la Souveraineté Alimentaire (CIP), alors que d’autres ont participé à des rencontres préparatoires sur les questions de la biodiversité et de la réforme agraire. Durant la première journée du Forum Spécial du 30 octobre, La Via Campesina, conjointement avec d’autres organisations, s’est levée et a quitté le Forum pour protester contre le fait que plusieurs représentants de la Via Campesina et d’autres organisations ne se virent pas octroyer un temps de parole pour exprimer leurs opinions alors que le principal objectif du Forum était de créer un dialogue entre des organisations de la société civile et des gouvernements. Après des négociations avec le président du Forum ceci fut corrigé, et un temps de parole fut alloué aux représentants de La Via Campesina et d’autres organisations, tel qu’il en avait été précédemment décidé avec la FAO.

En tant que coordinateur général de La Via Campesina, Henri Saragih a dit qu’ « il était dommage que peu de chefs d’état et de ministres agricoles aient pu assister à cette importante rencontre de la FAO, alors qu’une énorme partie de la population mondiale continue de souffrir de la faim ». Les organisations civiles et paysannes ont par contre accordé beaucoup d’importance à cette réunion, mais elles n’ont pas du tout reçu un temps de parole adéquat durant la première journée du Forum pour exprimer leurs opinions.

Le matin du 31 octobre, La Via Campesina organisa une autre action destinée aux délégués officiels au moment où ils entraient dans le hall de conférences. Des paysans de La Via Campesina ont crée un corridor humain par lequel les délégués se voyaient obligés de passer pour entrer dans le bâtiment. Ils devaient marcher sur une pancarte sur laquelle était écrit « FMI, Banque Mondiale et OMC ». Après cela ils devaient passer par une « porte » où on lisait « Le temps de la souveraineté alimentaire est arrivé » qui les accueillait à la FAO. La Via Campesina voulait dire aux délégués que la faim persiste dans le monde à cause de politiques imposées par les programmes et les consensus du FMI, de la banque mondiale, et de l’OMC. La Via Campesina veut que la FAO adopte la souveraineté alimentaire comme politique clé pour mettre fin à la faim dans le monde.

Le message de La Via Campesina fut rendu encore plus clair ce jour-là pour les délégués de la FAO, lorsque Henry Saragih et Rafael Alegria s’addressèrent comme panélistes deux sessions officielles dans l’après-midi. Henry Saragih dit au Forum que quatre années auparavant il s’était tenu au même endroit, avait déchiré le document de la FAO et l’avait mangé. C’était une protestation pour montrer que les paysans, qui sont les premières victimes de faim dans le monde, continueront de souffrir de la faim parce que les seules déclarations sur la sécurité alimentaire qui abordent le problème existent seulement sur papier. Il a déclaré qu’ « il était temps pour la FAO de changer d’approche et d’adopter la souveraineté alimentaires ».

Rafael Alegria de la Via Campesina d’Amérique Latine a fait des propositions concrètes au Forum quand il a abordé la question de la réforme agraire. Il a dit que la FAO devrait suivre les décisions prises durant la Conférence Internationale sur la Réforme Agraire et le Développement Rural (CIRADR), tenue cette année en mars à Porto Alegre, en accordant de l’importance à la réforme agraire et en reconnaissant la souveraineté alimentaire dans son document officiel. Rafael a insisté sur le fait que pour mettre un terme à la faim il était nécéssaire de mettre concrètement en œuvre des politiques basées entre autres sur la souveraineté alimentaire, pour entamer une réforme agraire authentique et distributive.   

Photos et informations sur www.viacampesina.org

(6 novembre 2006)

Cet article est disponible en