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Royaume-Uni : Les Cinq Principales Revendications de l’Alliance des Travailleurs de la Terre pour le Nouveau Gouvernement

Le Royaume-Uni doit organiser des élections générales le 4 juillet 2024. Dans le cadre de ses efforts visant à placer l’alimentation et l’agriculture plus haut dans l’agenda politique, la Landworkers’ Alliance a présenté ses cinq principales revendications pour le prochain gouvernement. En mettant l’accent sur le besoin urgent de pratiques durables et de soutien accru aux agriculteurs, les revendications de l’Alliance mettent en lumière des problèmes critiques affectant le secteur.

Doublement du Budget Agricole

Au centre de leurs revendications, il y a un appel au doublement du budget agricole actuel. Pour le bien du climat, de la biodiversité et de l’avenir des systèmes alimentaires, Landworkers’ Alliance a vivement appelé à adopter des pratiques agricoles et de production alimentaire plus respectueuses de l’environnement. Ils notent également avec préoccupation que le gouvernement britannique ne fournit pas aux agriculteurs un soutien financier adéquat, des conseils et des garanties pour mener à bien cette transition.

« Le gouvernement britannique a la responsabilité fondamentale de garantir le Droit à l’Alimentation pour les citoyens. Cela est consacré dans le droit international des droits de l’homme et est le deuxième des Objectifs de Développement Durable. La nécessité de passer à des méthodes agricoles plus respectueuses de l’environnement n’est désormais plus contestée, mais les nouvelles politiques environnementales sont mises en œuvre avec peu de considération pour les moyens de subsistance agricoles. La transition d’une production intensive en intrants chimiques vers une agriculture agroécologique et biologique ne peut se faire du jour au lendemain : les sols sont trop appauvris, les modèles économiques doivent s’adapter et les plans de gestion des exploitations doivent changer, » indique la note de revendication publiée par Landworkers’ Alliance.

Subventions en Capital pour les Débuts en Horticulture

Pour remédier à la dépendance excessive du pays à l’égard des importations alimentaires, l’Alliance des Travailleurs de la Terre propose un Programme de Subventions en Capital destiné aux startups en horticulture. Actuellement, le Royaume-Uni importe 45% des légumes et 83% des fruits. Le Royaume-Uni dépense 2,7 milliards de livres par an pour les fruits et légumes importés, une grande partie provenant de pays confrontés à une pénurie d’eau comme l’Espagne et le Maroc.

L’ATC fait valoir que les jardins de marché à petite échelle offrent de nombreux avantages à la communauté en termes de santé physique et mentale, de nature, de régénération rurale et d’éducation, mais l’accès à un capital suffisant pour démarrer de nouvelles entreprises constitue un obstacle majeur pour beaucoup souhaitant se lancer dans le secteur.

L’achat et l’installation d’infrastructures telles que des machines, des serres, des systèmes d’irrigation et des hangars d’emballage sont des prérequis nécessaires pour mettre en place une entreprise horticole à petite échelle efficace ou un jardin de marché, mais représentent des coûts initiaux significatifs pour lesquels de nombreux nouveaux entrants manquent de financement. Les programmes existants, tels que le Fonds d’Équipement et de Technologie Agricole, ne permettent que l’achat d’une gamme très limitée d’équipements et sont axés sur la technologie innovante, plutôt que sur les équipements de base et l’infrastructure nécessaires aux nouveaux entrants. De plus, le coût des équipements disponibles via ces programmes, combiné au fait que seules des subventions de 40% sont disponibles, exclut ceux disposant de peu de capital d’investissement.

Les subventions en capital pour les startups en horticulture encourageraient la création d’entreprises horticoles agroécologiques et biologiques ainsi que de jardins de marché, renforçant ainsi la sécurité alimentaire et soutenant les producteurs locaux. C’est une manière pour le gouvernement de faciliter le renouveau des jardins de marché que l’ATC prône.

Schéma de Soutien aux Nouveaux Entrants : Accès à la Terre

L’âge moyen d’un agriculteur au Royaume-Uni est de 59 ans. La moitié de l’Angleterre est détenue par moins de 1% de la population. Dans une enquête auprès de plus de 150 nouveaux travailleurs de la terre souhaitant établir ou développer leurs entreprises agricoles agroécologiques, 61% ont cité l’accès à la terre comme un obstacle significatif.

Reconnaissant ces barrières auxquelles font face les nouveaux entrants pour accéder aux terres agricoles, Landworkers’ Alliance demande le développement d’un Schéma de Soutien aux Nouveaux Entrants. Ce schéma vise à lutter contre les prix élevés des terres et à faciliter l’accès aux opportunités agricoles, essentiel pour encourager la prochaine génération d’agriculteurs et assurer la future production alimentaire.

Schéma d’Apprentissage Vert dans l’Économie

Soulignant le manque de programmes de formation accrédités en agriculture agroécologique, Landworkers’ Alliance propose un Schéma d’Apprentissage Vert dans l’Économie. Cette initiative vise à fournir aux agriculteurs aspirants les compétences nécessaires et le soutien à travers des apprentissages rémunérés, promouvant ainsi les carrières dans l’agriculture durable.

Engagement à Acquérir 50% des Aliments Publics Localement

Dans le but de promouvoir une alimentation durable et d’origine locale, Landworkers’ Alliance exhorte le gouvernement à s’engager à acquérir 50% des aliments publics auprès de producteurs biologiques locaux. Cette mesure soutient non seulement la santé publique en garantissant l’accès à des aliments nutritifs, mais crée également des marchés stables pour les producteurs biologiques à petite échelle. Landworkers’ Alliance fait valoir que, pour garantir que tous aient accès à des aliments nutritifs, frais et durables, les institutions publiques telles que les écoles, les hôpitaux, les prisons et les maisons de retraite devraient acheter des aliments biologiques produits localement. Cependant, des années d’austérité et de coupes budgétaires ont contraint les conseils à réduire leurs budgets, les obligeant à acheter des aliments à bas coût. Par conséquent, le gouvernement central doit intervenir et soutenir les autorités locales pour acheter des aliments biologiques locaux, notamment par le biais de subventions visant à combler l’écart entre les coûts actuels d’achat de denrées bon marché et le coût d’acquisition de produits nutritifs, locaux et biologiques ; en soutenant les autorités locales pour explorer des schémas dynamiques d’approvisionnement public permettant aux petits producteurs locaux d’accéder à des contrats.

Vous pouvez télécharger la présentation détaillée de ces revendications [ici].

Aussi à Lire : Manifeste de l’Alliance des Travailleurs de la Terre pour l’Alimentation, l’Agriculture et la Sylviculture


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