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Paysan·nes coréen·nes en colère : crise climatique, pertes de récoltes, coûts élevés et importations bon marché menacent leur survie

Yeouido, Séoul : Indigné·es par les politiques du gouvernement de Yoon Suk-yeol favorisant la destruction agricole et les suicides liés aux exploitations agricoles, les paysan·nes de tout le pays se sont rassemblé·es devant l’Assemblée nationale de la République de Corée le 4 juillet. Ils·elles convoquaient un Congrès national pour aborder une crise existentielle dans les zones rurales. Les paysan·nes protestataires ont appelé à l’amélioration des politiques nationales pour protéger les intérêts des petit·es producteur·rices alimentaires face aux crises climatiques, aux pertes de récoltes, à la hausse des coûts des intrants et à la volatilité des prix.

Plus de 3 000 personnes auraient assisté au Congrès national des paysan·nes. Les tensions ont escaladé lorsque la police a bloqué l’entrée des machines agricoles, menant à des confrontations physiques où une paysanne a été blessée. La Ligue coréenne des paysans et l’Association coréenne des femmes paysannes, qui ont participé à la manifestation, signalent également qu’une jeune dirigeante paysanne a été arrêtée et détenue par la police.

« À ce rythme, les fermes et les paysan·nes périront bientôt », s’est exclamée une manifestante. Ils·elles ont particulièrement critiqué la réduction des tarifs douaniers par le gouvernement, qu’ils·elles ont jugée déstabilisante pour les prix et responsable de l’inondation du marché par des produits agricoles importés. Jeon Jin-gu, président de la Fédération provinciale de Jeonno Chungnam, a souligné cette préoccupation : « Lorsque les prix des pommes augmentent, des ‘pommes d’or’ sont importées ; lorsque les prix des oignons augmentent, des oignons sont importés.»

S’exprimant auprès du média People’s Voice, les dirigeant·es des syndicats paysan·nes présents au Congrès, représentant diverses associations de producteur·rices, ont souligné la baisse généralisée des prix :

Kim Chang-soo de l’Association nationale des productrices et producteurs d’ail a expliqué : « Cette année, l’ail n’a pas pu résister à l’hiver chaud et humide, ce qui a entraîné le fendillement des gousses et la formation d’ail sans bulbe. Les problèmes de maladies et de ravageurs ont été sévères. Malgré nos efforts, le coût de production d’1 kg d’ail a atteint 4 500 wons, alors que les prix aux enchères n’étaient que de 3 830 wons. »

Il a poursuivi : « Les politiques de prix défaillantes ont augmenté les coûts de production et réduit les récoltes en raison de mesures insuffisantes de prévention des catastrophes. Pourquoi les paysan·nes devraient-ils porter seuls ce fardeau ? C’est injuste. »

Nam Jong-woo de l’Association nationale des productrices et producteurs d’oignons a noté : « Cette année, les prix de détail des oignons ont atteint 13 000 wons pour 20 kg. En tenant compte des coûts de main-d’œuvre et de production, cela est insoutenable. L’arrivée massive d’oignons importés a décimé les prix intérieurs depuis l’année dernière. »

Kim Myung-ki de l’Association nationale des producteur·rices de riz a exprimé son désarroi : « Les prix du riz ont atteint leur plus bas niveau en 45 ans depuis la crise il y a deux ans. En octobre dernier, 20 kg de riz dépassaient 54 000 wons, mais maintenant ils sont tombés à 46 000 wons. Sans remédier au quota tarifaire de 5 % permettant l’importation de 400 000 tonnes de riz par an, les paysan·nes font face à des perspectives sombres. »

Les paysan·nes protestataires ont présenté des revendications, notamment des mesures nationales complètes contre les désastres climatiques, l’arrêt des allocations excessives de quotas tarifaires, la révision de la Loi sur la gestion des céréales, l’adoption d’une Loi fondamentale pour les paysan·nes, le soutien aux matériaux agricoles, la garantie de la couverture des coûts de production, le statut juridique pour les paysan·nes femmes et la mise en œuvre de l’approvisionnement public pour les principaux produits agricoles.

Les paysan·nes ont également exprimé leur frustration face aux restrictions policières concernant leur entrée en ville et au refus d’accès aux tracteurs. À l’Assemblée, les paysannes vêtues de blanc ont symbolisé la détresse des exploitations agricoles et des moyens de subsistance en péril.

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