Notre-Dame-des-Landes : destruction des projets agricoles et des lieux de vie

Notre-Dame-des-Landes : nos tracteurs pour un retour au calme

Communique de presse de la Confédération Paysanne.

(Bagnolet, le 11 avril 2018) L’intervention policière débutée lundi à Notre-Dame-des-Landes, censée permettre la réouverture de la RD 281, est devenue une opération de destruction massive de projets agricoles et de lieux de vie, à l’image de la démolition des « 100 Noms », lieu emblématique de cette Zone Agricole en Développement.

Le dialogue et les engagements pris de part et d’autre depuis l’annonce de l’abandon du projet d’aéroport sont aujourd’hui réduits à néant avec ces destructions qui trahissent la parole de l’État après son choix d’une issue policière.

Le fait que la préfète de Loire-Atlantique refuse de prendre en compte les projets collectifs qui avaient commencé à s’engager dans un processus de reconnaissance et exige qu’ils soient portés nominativement est inacceptable. Il sert surtout à justifier les destructions en cours.

Les autorités ont refusé la main tendue hier par des habitant-e-s de la ZAD de se mettre autour d’une table, avec comme préalable l’arrêt des opérations policières. Le gouvernement doit aujourd’hui l’accepter pour obtenir un retour au calme. Sinon, il prend le risque que l’escalade de la violence constatée hier, avec des blessés de part et d’autre, ne conduise à un drame.

La Confédération paysanne demande instamment l’arrêt de l’intervention pour permettre une reprise du dialogue et assurer l’avenir. Elle appelle les paysannes et paysans a convergé aujourd’hui massivement en tracteur vers Notre-Dame-des-Landes.


Notre-Dame-des-Landes : une évacuation destructrice de projets agricoles et de lieux de vie

(Bagnolet, 9 avril 2018) Hélicoptère, véhicules blindés, lacrymogènes et 2500 nervis sur place… L’État est en train de déployer, depuis cette nuit, sur une commune rurale de Loire-Atlantique, l’équivalent de près de 50 % des effectifs humains qu’elle a engagés dans ses opérations extérieures militaires à l’Etranger (source ministère des armées – opérations extérieures 2018 : 5 800 personnes engagées).

De quoi le Ministre de l’Intérieur veut-il nous protéger ? Atelier bois, fabrique de pâtes et de bière artisanale, création d’un élevage laitier, implantation de cultures maraichères, projets culturels, démarrage de production ovine, boulangerie, atelier mécanique, troupeau collectif bovin allaitant, production de plantes médicinales… sont autant de projets déjà existants sur place. Aujourd’hui, des paysannes et paysans en devenir ou en place se font expulser, ce qui est inadmissible !

La Confédération paysanne soutient tous les projets agricoles, ceux de transformation alimentaire ainsi que les initiatives qui concourent à expérimenter de nouvelles façons de faire en milieu rural autour de l’agriculture. Elle condamne donc l’opération inacceptable qui est en cours et dénonce le double discours de l’État, avec un Ministre qui dit vouloir faire de NDDL un lieu de « développement du bio » et une préfète qui dit vouloir de la concertation. C’est tout le contraire qui est à l’œuvre !

La Confédération paysanne appelle à protester partout en France pour dénoncer la destruction de projets agricoles et de lieux de vie dans la Zone Agricole en Développement de Notre-Dame-des-Landes.

Contacts :

– Laurent Pinatel, Porte-parole : 0033 6 80 58 97 22

– Cécile Muret, Secrétaire nationale : 0033 6 31 26 85 48

– Caroline Nugues, Chargée de communication : 0033 6 95 29 80 78