Pour une recherche et des soutiens à l'innovation au service d'un modèle agricole et alimentaire sain, durable et socialement juste

Communiqué de Presse, Bruxelles le 28 Octobre 2014

L'innovation est un processus nécessaire au maintien de la petite agriculture et de l'agriculture familiale ainsi qu'à l'élaboration d'un modèle de production agricole et alimentaire sain,  durable et socialement juste. Il s'agit d'un modèle durable et viable qu'il faut soutenir par le biais de politiques qui reconnaissent et renforcent son esprit d'innovation. L'avenir du monde rural dépendra de notre capacité à adopter une approche adéquate et à apporter des solutions adaptées aux problèmes auxquels les paysans et paysannes font face au quotidien grâce des procédés innovants garantissant une agriculture respectueuse de l'environnement et des populations locales.

C'est dans ce cadre que la Coordination Européenne Via Campesina organise un séminaire intitulé : "Petites exploitations agricoles et systèmes alimentaires améliorés : quelles solutions pour que les politiques et la recherche en Europe intègrent ces acteurs de l'innovation au niveau local ?".

Lire la suite : Pour une recherche et des soutiens à...

Paysans mozambicains contre les accaparements de terres africaines

woman-unac-moz.jpgMaputo – Avec sa côte qui scintille sur plus de 1500 miles au bord de l’Océan Indien, ses réserves capables de rivaliser avec le Serengeti et ses ressources naturelles abondantes – et situées, pour la plupart, sur des terres cultivées par de modestes communautés paysannes, le Mozambique est actuellement sous les feux de la rampe. Il est en effet en passe de devenir l’un des hubs d’investissement les plus prisés, et l’une des destinations les plus en vogue d’Afrique. Les investisseurs n’ont pas tardé à placer leurs pions dans ce pays qui connaît depuis vingt ans une relative stabilité après une guerre civile qui, dans le sillage de l’indépendance, avait duré seize ans.

Techniquement, l'État mozambicain à court de liquidités possède tout le territoire compris entre ses frontières et offre à des entreprises comme à des gouvernements étrangers, des baux renouvelables jusqu’à 99 ans pour que ces derniers y mènent des projets industriels pharaoniques dans l’agrobusiness ou l’extraction. ProSavana en est un exemple.

Lire la suite : Paysans mozambicains contre les accaparements...

Symposium international de la FAO sur l’Agroécologie, à Rome : « Aujourd'hui, une fenêtre s'est ouverte sur ce qui a été pendant cinquante ans la cathédrale de la révolution verte »

Communiqué de Presse de La Via Campesina

Chavannes%20FAO.jpg

 Le Symposium International sur l’Agroécologie pour la Sécurité Alimentaire et la Nutrition, a eu lieu les 18 et 19 septembre 2014, au siège de l’Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO), à Rome. C'est la première fois que la FAO organise officiellement et aborde directement le sujet de l’agroécologie.

Dans ses remarques finales au Symposium, José Graziano da Silva, directeur général de la FAO, a déclaré : « Aujourd'hui, une fenêtre s'est ouverte sur ce qui a été pendant cinquante ans la cathédrale de la révolution verte ». Présente au Symposium, la délégation de La Via Campesina se félicite de cette ouverture mais recommande la prudence suite aux tentatives observées lors de l'événement de cooptation de l'agroécologie.

Selon La Via Campesina, la science, les pratiques et le mouvement de l'agroécologie sont le produit de siècles d'accumulation de savoirs paysans et autochtones, autour de la connaissance des techniques de production alimentaire pour l'humanité, depuis bien avant l’invention des produits chimiques agricoles. Ces savoirs sont aujourd'hui systématisés dans un « dialogue des savoirs », entre les sciences occidentales de l'écologie, l'agronomie, la sociologie rurale, etc. L'agroécologie a pris beaucoup d'ampleur au cours des dernières décennies, parmi les mouvements sociaux ruraux, les consommateurs, les environnementalistes et autres, en partie en raison de sa critique acerbe des, et des alternatives qu'elle représente face à la mal-nommée « révolution verte » de l'agriculture industrielle. Pour La Via Campesina, l'agroécologie paysanne est un élément fondamental dans la construction de la souveraineté alimentaire.

Lire la suite : Symposium international de la FAO sur...

Démasquer l’agriculture intelligente face au climat

Communiqué de La Via Campesina

L’histoire se présente la première fois sous forme de tragédie, ensuite comme une farce.

new%20logo%20white%20one%20low%20resolution.jpgNous, femmes, hommes, paysan-ne-s, petits agriculteur-rice-s familiaux, migrant-e-s, travailleur-euse-s ruraux, autochtones et jeunes de La Via Campesina, dénonçons l’agriculture intelligente face au climat qui est présentée comme une solution au changement climatique et un mécanisme de développement durable.

Pour nous, il est clair que derrière sa prétention à lutter contre la pauvreté rurale persistante et le changement climatique, il n’y a rien de nouveau. Il s’agit avant tout de continuer la Révolution Verte engagée au début des années 1940, et poursuivie dans les années 1970 et 80 par la Banque Mondiale et les entreprises à travers les projets de réduction de la pauvreté. Ceux-ci ont décimé de nombreuses économies paysannes, en particulier dans le Sud. Ainsi, de nombreux pays qui étaient autosuffisants en production alimentaire, comme le Mexique , sont devenus en l’espace de deux décennies dépendants du Nord pour nourrir leurs populations.

Le résultat de ces projets dictés par le besoin d’expansion du capital industriel a été l’intégration des paysan-ne-s et de leurs productions dans le modèle agricole et alimentaire industriel d'aujourd'hui. Ce modèle est basé sur l’utilisation accrue de produits chimiques toxiques, est dépendant des combustibles fossiles pour ses intrants et technologies, favorise l’exploitation croissante des travailleur-se-s agricoles et ruraux et a pour conséquence une perte importante de la biodiversité. Ce système alimentaire est maintenant sous le contrôle des entreprises et des grands exploitants industriels – qui en sont les principaux bénéficiaires . Il a entraîné la perte de la sécurité et de la souveraineté alimentaire, transformant des pays entiers, autrefois exportateurs nets de produits alimentaires en importateurs nets. Non pas que ces pays ne soient pas capables de produire de la nourriture, mais parce qu'aujourd'hui, ils ne produisent plus que des cultures commerciales destinées à la production d’aliments industriels, de carburants, de produits manufacturés, ou à la spéculation sur les marchés financiers mondiaux.

Lire la suite : Démasquer l’agriculture intelligente face au...

Informations supplémentaires