Insulza annonce la suspension Honduras à l’OEA

Tegucigalpa, 3 de Julio 2009
Miguel Insulza annonce la suspension de la participation Honduras à l’OEA (Organisation des États d’Amérique) pour rupture de l’ordre constitutionnel

Hier, à 20h00, lors d’une conférence de presse qui se tenait dans un hôtel de Tegucigalpa (Honduras), Miguel Insulza, Secrétaire Général de l’OEA, a déclaré :

  1. Le Honduras vit une grave rupture de l’ordre constitutionnel en raison de l’expulsion du territoire hondurien de son Président de la République.
  2. L’OEA considère toujours José Manuel Zelaya Rosales comme le Président légitime du Honduras.
  3. Il ne reconnaît aucun gouvernement qui surgirait d’un coup d’État tel que celui qui a eu lieu, au petit matin, le 28 juin de cette année.
  4. L'organisation exige que José Manuel Zelaya Rosales soit rétabli dans sa fonction de Président.

Miguel Insulza a poursuivi, déclarant que « Le Conseil permanent de l’OEA applique l’article 20 qui stipule que le Secrétaire Général doit entamer des démarches pour agir, dans le cas présent au Honduras, avant que des actions plus radicales ne soient lancées, sur décision de l’Assemblée Générale. Nous considérons qu’un coup d’État et une rupture de l’ordre constitutionnel ont eu lieu au Honduras. Par conséquent, nous demandons à ceux qui ont pris le pouvoir de rétablir l’ordre. De plus, je déplore que les individus qui ont pris le pouvoir le 28 juin dernier n’aient l’intention ni de dialoguer, ni de céder.

Je regrette d’avoir à reconnaître que l’amélioration de cette situation ne dépend pas de la gestion que je peux en faire. J’ai reçu divers documents de différents secteurs que j'emporte avec moi pour les soumettre à l'Assemblée Générale, afin qu’elle prenne les décisions qu’elle jugera pertinentes pour parvenir à établir un dialogue, ce pour quoi l’article 21 habilite l’Assemblée à suspendre un État dans lequel la rupture de l'ordre constitutionnel en vigueur serait maintenue ».

Les motifs du conflit juridique sont la violation de la charte interaméricaine et la rupture de l’ordre constitutionnel. Par conséquent, cela doit être réparé. Or, je ne vois aucun indice qui ferait penser que la situation du Honduras puisse changer", a-t-il souligné.

« Je crois avoir suffisamment parlé avec les divers secteurs qui composent la société, tels que  les syndicats, les chefs d’entreprise, les hommes et femmes politiques, l’Église, les organisations sociales, etc.  Je me suis déjà forgé une opinion et c’était le but » conclut-il. Après avoir fourni cette longue explication, Insulza a commencé à répondre aux questions qui lui étaient posées par les différents medias nationaux et internationaux.

De son côté, le gouvernement de Roberto Micheletti a déclaré, après avoir écouté les déclarations du Secrétaire de l’OEA, qu’il présentera la démission du Honduras de l’OEA, chose que ne permettent pas les statuts de cet organisme.

Les mouvements sociaux et populaires se sont montrés satisfaits de la décision de l’OEA de ne pas reconnaître un gouvernement autre que celui de José Manuel Zelaya Rosales, et ils poursuivent aujourd’hui leurs manifestations dans les rues de Tegucigalpa. Depuis 8h00 du matin, des milliers de personnes s’organisent devant la Universidad Pedagógica Nacional Francisco Morazán (Université Pédagogique Nationale Francisco Morazán) et, en ce moment même, la marche se dirige en masse vers l’aéroport International de Toncontín pour y accueillir son mandataire José Manuel Zelaya Rosales, car nous avons été informés qu'il arrivera cet après-midi dans notre pays. Cependant, cette information n’est pas encore confirmée.

 

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