17 avril: journée de la lutte paysanne

17 avril: Des centaines d'initiatives dans le monde entier célèbrent la journée internationale des luttes paysannes

Communiqué de presse de La Via Campesina

(Jakarta, 16 avril 2013) Les paysans et les paysannes de la Via Campesina et leurs alliés célébreront demain, 17 avril 2013, la journée internationale des luttes paysannes organisant ainsi des centaines d'activités et de manifestations à travers le globe. Cet événement commémore le massacre de 19 paysans sans terre qui demandaient l'accès à la terre et à la justice, en 1996, au Brésil (1).

Un descriptif des activités, allant de conférences universitaires à des ateliers, en passant par l'occupation de terres et d'institutions gouvernementales, est disponible sur notre site web: www.viacampesina.org. Une carte des actions (map of actions) sera mise à jour de façon quotidienne.

Le mouvement paysan international La Via Campesina (LVC) se mobilise cette année encore contre les accaparements de terres menés par certains Etats et certaines grandes entreprises, au niveau international. Ces terres sont cultivées depuis des siècles par des paysans, hommes et femmes. La Via Campesina s'oppose aussi avec force à la commercialisation de la nature et des biens communs, car celle-ci induit une dépossession massive des personnes vivant sur ces terres. Les paysannes et les paysans sont tout particulièrement touchés par ce phénomène.

Cette journée d'action s'inscrit dans l'année du vingtième anniversaire de  La Via Campesina, qui sera célébré d'ici quelques mois lors de la 6ème conférence internationale de LVC qui se tiendra à Jakarta, en Indonésie. Pour que ce 17 avril, relance 20 nouvelles années de luttes, nous avons appelé à une mobilisation massive, pour une réappropriation de nos systèmes alimentaires, qui sont de plus en plus contrôlés par les multinationales.

Demain, en République Dominicaine, les organisations paysannes occuperont le bâtiment du Ministère de l'Agriculture pour marquer leur opposition à l'industrie minière ; Elles manifesteront et occuperont des terres à Bahia, au Brésil, et organiseront des manifestations publiques au Portugal. A Maputo, l'Union nationale des paysans du Mozambique (UNAC) organisera une conférence sur la terre et les semences. En Europe, la Coordination européenne Via Campesina (ECVC) se joindra à cette célébration en organisant, dans le cadre de son Assemblée générale, une conférence européenne, ouverte au public. Cet événement est co-organisé par son membre espagnol COAG (originaire des îles Canaries) et aura lieu à Fuerteventura.

Pour Chavannes Jean-Baptiste, membre du comité de coordination de la Via Campesina pour la région des Caraïbes : “L'accaparement des terres est un acte criminel contre les paysannes et les paysans, contre les peuples indigenes du monde entier. En Haiti, nous le qualifions d'une nouvelle forme de recolonisation. 17 avril 2013, les organisations paysannes se mobilisent a travers toute la planète pour dire non à ce fleau.”

Si vous souhaitez de plus amples informations ou un interview:

Henry Saragih (en anglais): +62 811655668 (Indonésie)
Ibrahim Coulibaly (en français)  +22366761126 (Mali)
Isabel Vilalba (en espagnol); 0034608905444 (Galice)

Pour plus d'information, rendez-vous sur www.viacampesina.org

E-mail: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

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(1) Le 17 avril 1996, à Eldorado dos Carajás, dans l'état amazonien de Pará, la police militaire de l'Etat a massacré des paysans appartenant au Mouvement des travailleurs ruraux sans-terre (MST). Le bilan s'est élevé à 19 morts. Ce jour-là, 1500 femmes et hommes appartenant au MST occupaient et bloquaient l'autoroute BR-150 à Eldorado dos Carajás. Leur objectif était de faire pression sur les gouvernements, national et fédéral, afin de lancer une réforme agraire. Vers 4 heures de l'après-midi, 155 policiers militaires nationaux appartenant à deux brigades ont entouré les manifestants sur l'autoroute, lançant des grenades lacrymogènes, tirant à balles-réelles et ouvrant le feu avec des mitraillettes. En plus des 19 personnes décédées pendant le massacre, 3 personnes sont mortes des suites de leurs blessures et 69 blessés ont été dénombrés. Les autorités étatiques, la police, l'armée et de puissants propriétaires locaux étaient impliqués dans la planification et le massacre lui-même.

 

 

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